Mission

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La mission

ENVOYES EN MISSION

Pour certains le mot "mission" évoque l'image du missionnaire "blanc-civilisé" évangélisant le "païen-noir". D'autres associent automatiquement mission et aumône. L'image de la statuette du "nègre qui dit merci" quand on lui donne une pièce, est gravée dans nos mémoires. Pour d'autres encore, la mission : c'est dépassé! Devant les problèmes de l'heure: sous-développement, terrorisme, lutte des peuples opprimés contre leurs oppresseurs...., la mission semble appartenir à un autre siècle. Qu'en est-il ?

UN ORDRE INCONTOURNABLE

Conformément à l'ordre du Seigneur, l'Eglise doit être missionnaire. Cet ordre est clair: "Allez, faites de toutes les nations des disciples..." (Matthieu 28, 19-20). Dès la Pentecôte, l'Eglise devient missionnaire. Ainsi par exemple, Luc nous montre comment la bonne nouvelle (ou Evangile) se répand de Nazareth à Jérusalem (Evangile selon Luc), puis de Jérusalem à Rome (Actes des Apôtres). Paul joue un rôle important dans l'annonce de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ aux païens. Ses quatre grands voyages en témoignent. L'ordre d'évangéliser est donc incontournable. Mais qu'est-ce, être missionnaire, et quelle est cette bonne nouvelle? Dans le Nouveau Testament, le mot "apôtre" signifie "envoyé". Les disciples sont envoyés, deux à deux (Matthieu io) pour "proclamer le Royaume de Dieu" et annoncer la bonne nouvelle que Dieu a donné son fils unique pour sauver les hommes; désormais l'homme est pardonné et libéré des puissances du mal et de la peur de la mort car Jésus en a triomphé une fois pour toutes. Ce message libérateur ne se garde pas, il doit être communiqué. L'Eglise ne vit pas pour elle-même : elle est missionnaire. Ayant accueilli le Christ et son enseignement, elle veut que d'autres l'accueillent à leur tour; elle leur envoie des serviteurs pour l'annoncer (Actes 13,2). Pour le Nouveau Testament Eglise et mission ne font qu'un.

L'EGLISE MISSIONNAIRE

Au cours des premiers siècles I'Evangile se répand en Europe et dans une partie de l'Afrique. L'un des plus grands théologiens chrétiens, Saint-Augustin (354-43o) est Nord-Africain. Très vite on trouve des traces du christianisme jusqu'aux Indes et en Chine. Au XVe et XVIe siècles la découverte des nouveaux mondes entraîne une forte prise de conscience missionnaire des chrétiens d'Europe. Dès 1493, soit un an après la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, l'exploration de l' Amérique du Sud est suivie de l'envoi de missionnaires espagnols. Au début, les Eglises de la Réforme ne s'occupent guère de mission vers des pays lointains. II faut signaler cependant l'évangélisation des Antilles et du Labrador par les Frères Moraves. Au XIXe siècle, l'Europe connaît un réveil religieux. Plusieurs "sociétés de missions" sont créées: London Missionary Society (1795), Société Biblique de Bâle (1815) et la Société des Missions Evangélique de Paris (1822). Il faut noter le rôle joué par les missionnaires dans la fixation des langues et des cultures par la traduction de la Bible, l'élaboration de grammaires et de dictionnaires ainsi que les nombreuses études d'ordre ethnologique. Partout ont été créés des écoles et des dispensaires, mêlant, il est vrai, évangélisation et apport massif de la culture occidentale. Dès sa création en 1948, le Conseil œcuménique des Églises (COE) se préoccupe de mission. Regroupant plus de 3oo Eglises réparties dans le monde entier, le COE a créé une section spéciale "mission-évangélisation".

Et aujourd'hui ?

En 1971, en France, la Société des Missions de Paris cède sa place à la Communauté Evangélique d'Action Apostolique (CEVAA) qui rassemble une quarantaine d'Eglises d'Afrique, de Madagascar, d'Europe (France, Suisse, Italie), du Pacifique et d'Amérique du Sud. A l'origine de la CEVAA, une nouvelle conception de la mission: chaque Eglise est missionnaire dans son pays ou sa région, chaque Eglise a à donner et à recevoir. Echange de personnes, mise en commun des ressources et partage des préoccupations, ces trois objectifs sont résumés dans une déclaration du Conseil de la CEVAA à Torre Pellice - Italie en 1973: les Eglises membres de la CEVAA veulent mener ensemble leur action missionnaire, s'entraider dans leur ministère d'édification de l'Eglise universelle, aller ensemble vers d'autres hommes pour leur permettre de rencontrer le Christ, contribuer à ce qu'ils puissent vivre responsables, libres dans la justice et la paix: Cinq Eglises protestantes de France: l'Eglise Réformée de France, l'Eglise Réformée Evangélique Indépendante, l'Eglise Luthérienne de France, l'Eglise de la Confession d'Augsbourg et l'Eglise Réformée d'Alsace et de Lorraine constituent le Département Evangélique Français d'Action Apostolique (DEFAP). Ces deux dernières Églises, tout en étant constitutives du DEFAP signent également des conventions d'intégration avec chacun des organismes missionnaires présents dans la région: Missions Luthériennes, Action Chrétienne en Orient, Mission de Bâle et Société des Missions d'Extrême Orient.

L'ANNONCE DE L'ÉVANGILE DE PARTOUT VERS PARTOUT

L'annonce de l'Évangile n'est ni seulement ni d'abord l'affaire des Églises d'Occident. Après avoir longtemps méconnu ou nié l'existence et la richesse d'autres cultures, les Églises d'Occident prennent conscience que leur "ancienneté" ne leur confère ni privilège, ni immunité particulière. Bien au contraire, elles sont elles-mêmes confrontées à des problèmes nouveaux: déchristianisation, baisse de la pratique traditionnelle, montée de l'Islam, nouvelles religions etc... A leur tour, elles ont besoin d'autres Églises. Toutes ensemble, elles forment l'Église universelle, corps du Christ. Chaque communauté locale, implantée dans sa région ou son pays a certes sa spécificité et ses traditions. Elle s'adresse aux hommes dans leur langue et avec les méthodes qu'elle juge adéquates. Mais l'Église locale ne doit pas vivre repliée sur elle-même, au risque d'étouffer. Elle a besoin de l'ouverture et de la vision d'ensemble que lui donne l'Église universelle. L'Église universelle s'adresse à tout homme quel qu'il soit et où qu'il habite sur cette terre : le bénéfice de la croix et de la résurrection du Christ, le message de pardon et d'espérance est destiné à tous. Mais cette bonne nouvelle est aussi destinée à tout l'homme. Intelligence, culture, conscience politique et professionnelle, éthique personnelle et familiale, notre personne toute entière est concernée par l'Évangile. Si la géographie, l'économie et la politique distinguent clairement le Nord et le Sud, l'Est et l'Ouest, la mission quant à elle est sans frontières et l'exigence missionnaire la même partout. La mission est l'affaire de chaque chrétien, où qu'il se trouve.

MISSION OU AIDE AU DEVELOPPEMENT

Les problèmes concernant le sous-développement et la faim dans le monde sont tels que l'on ne peut les ignorer. La réalité, largement diffusée par tous les médias et notamment la télévision, est révoltante. Si les Églises locales ont conscience d'appartenir à un seul et même corps - "l'Église universelle corps du Christ"- alors la responsabilité des membres "nantis" de ce corps est grande vis-à-vis des membres moins privilégiés. L'aide au développement fait partie intégrante de la mission. Déjà dans l'Ancien Testament, partager son pain avec celui qui a faim, c'est obéir à la Loi de Dieu (Baie 58,7). Jésus n'a pas refusé de nourrir 5ooo hommes (Luc 9) ! On ne peut évangéliser sans se préoccuper également des conditions dans lesquelles vivent les hommes à qui l'on s' adresse : la foi ne se dit pas seulement, elle se vit quotidiennement ! Mais les différentes Églises concernées doivent aussi poser clairement la question de la finalité du développement: n'y a-t-il de développement qu'économique ? Toutes les relations entre les hommes des divers continents doivent-elles obligatoirement passer par l'économique? Et surtout: n'avons-nous rien d'autre à donner et à recevoir que l'argent ? Au sein de l'Église universelle il y a d'autres richesses (et d'autres pauvretés!) à partager que celles des comptes en banque.

UNE EXIGENCE MAIS AUSSI UNE PROMESSE

L'Eglise est missionnaire ... ou démissionnaire. Or la mission n'est jamais achevée et la tentation est grande de la confier à des "organismes" et des "spécialistes". Cependant c'est bien chaque chrétien qui est place devant cette exigence : annoncer l'Évangile aux autres (inutile d'aller très loin, ce peut être le voisin...) non dans une attitude impérialiste mais dans un esprit d'humilité et de service. L'ampleur de la tâche peut faire peur. Mais il ne faut pas oublier qu'au moment où Jésus donne à ses disciples cet ordre : "Allez, faites de toutes les nations des disciples" il leur donne aussi cette promesse: "Voici je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde" ( Matthieu 28, 19-20). Assurés de cette promesse de Dieu, riches de cette bonne nouvelle à partager, nous pouvons accomplir dans la joie notre vocation missionnaire.

Ce texte a été rédigé par M. Faullimmel et édité à l'initiative de la Commission de formation biblique et théologique de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg et de l'Eglise Réformée d'Alsace et de Lorraine.