Anabaptisme

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L'anabaptisme est né d'une dissidence protestante du XVIe siècle. On l'appelle aussi la Réforme radicale.

Le terme, péjoratif, signifie rebaptême et fut appliqué à ceux qui, s'opposant au baptême des enfants, rebaptisaient les fidèles et prônaient le seul baptême des chrétiens confessant leur foi. Mais, plus généralement, l'anabaptisme, apparu d'abord en Suisse vers 1525, allait s'opposer à la symbiose entre l'Église et l'État, pratiquée aussi par les réformes de type luthérien ou zwinglien. L'anabaptisme suisse, représenté par des hommes tels que Conrad Grebel, Balthasar Hubmaier et Felix Mantz, sera bibliciste, de plus en plus non-violent et interdira aux chrétiens d'être magistrats ou de prêter serment. La Confession de Schleitheim (1527) en définira la théologie. Un autre courant, né en Allemagne du Sud et en Autriche, marqué par des hommes tels que Pilgram Marbeck, puis Jacob Hutter, conduisit après 1530 à un anabaptisme qui pratiqua la communauté des biens. L'anabaptisme du Nord de l'Allemagne sera marqué d'abord par le millénarisme du Royaume de Munster (1534/35), qui fut suivi d'un regroupement pacifique sous la direction de Menno Simons, proche des positions de l'anabaptisme et qui sera à l'origine du terme «mennonite». Rejetés et persécutés tant par les catholiques que par les réformateurs «officiels », de nombreux anabaptistes trouvèrent la mort ou furent contraints à l'exil en raison de leurs convictions. Les descendants de ces anabaptistes se trouvent aujourd'hui dans les Églises mennonites, ainsi que chez les Amish et les Houttériens.

En Alsace et en Moselle, les assemblées mennonites font partie de l'Association des Églises évangéliques mennonites de France (AEEMF), créée en 1980, dont le siège est à Ingersheim, 4 allée J.B. Thomann. On compte actuellement 11 communautés en Alsace et Moselle, avec lieux de culte à Altkirch, le Birkenhof (Ruederbach), Bourg-Bruche/le Hang, Colmar-Ingersheim, Diesen, le Geisberg (Wissembourg), Neuf-Brisach/Algolsheim, Pfastatt, Pulversheim, SaintLouis, Strasbourg.

Divers courants naissent à peu près en même temps dans différentes régions d'Europe. Appelés "rebaptiseurs" par leurs adversaires, les anabaptistes refusent le baptême des enfants et l'intervention de l'Etat dans l'Eglise. L'anabaptisme suisse est très bibliciste et non violent ; l'anabaptisme néerlandais est lui aussi marqué par le pacifisme de Menno Simons ; enfin, l'anabaptisme autrichien prend une forme plus communautaire en Moravie. Ces différents groupes furent rejetés et persécutés par les catholiques comme par les réformés. Leurs descendants se trouvent aujourd'hui dans les Eglises mennonites, chez les amish et les huttériens dans le monde entier.

On compte environ 900 000 membres adultes dans ces communautés.


Si les Eglises baptistes d'aujourd'hui ne descendent pas directement des anabaptistes du XVIe siècle, il ne faut pas négliger le rôle essentiel que les anabaptistes ont joué dans la naissance du mouvement baptiste ; c'est au contact de mennonites des Pays-Bas au XVIIe siècle que des non-conformistes anglais ont été amenés à fonder les premières Eglises baptistes en Grande-Bretagne.

Bibliographie

Protestants d'Alsace et de Moselle : lieux de mémoire et de vie / sous la dir. d'Antoine Pfeiffer.- Ingersheim : Saep ; Strasbourg : Oberlin, 2006