Apocryphes

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Les apocryphes

Le nombre de livres bibliques varie selon les éditions de la Bible, le canon (ou la liste) des livres reconnus comme sacrés était plus courte pour les Juifs de Palestine (liste suivie, pour l'Ancien Testament par les protestants) et plus longue chez les Juifs de la Diaspora (écrits de la Bible juive de langue grecque, la Septante, non retenus dans la Bible hébraïque de la synagogue, liste suivie par l'Eglise catholique).

D'après le grec, apocryphe signifie "caché", "secret", "difficile à comprendre". Cette dénomination est traditionnelle chez les catholiques et les orthodoxes pour désigner des écrits religieux juifs ou chrétiens dont le titre ou les thèmes se réfèrent à des personnages ou à des événements mentionnés dans l'Ancien et le Nouveau Testament et qui n'appartiennent pas au canon biblique. Cette même dénomination est employée par le protestantisme pour les textes chrétiens non-canoniques.

Les livres deutérocanoniques

Le canon biblique ne s'est établi que de manière progressive et il faudra attendre le 16e siècle, en pleine Contre-Réforme, pour que le Concile de Trente (1546) fixe définitivement la position de l'Eglise catholique : intégration dans l'Ancien Testament des livres deutérocanoniques que rejetaient les Eglises de la Réforme, et confirmation du canon des 27 livres du Nouveau Testament.

Dès 1534, l'édition allemande de la Bible par Martin Luther les place à la fin de l'Ancien Testament. A partir du 19e siècle, ces écrits n'apparaissent plus dans les bibles protestantes.

Les pseudépigraphes de l'Ancien Testament

A ces livres deutérocanoniques s'ajoutent des écrits dits apocryphes par la tradition catholique et pseudépigraphes par la tradition protestante (la pseudépigraphie était un procédé d'écriture répandu dans l'Antiquité, consistant à faire circuler des écrits sous le patronage d'une figure glorieuse du passé). Par leur contenu et leur symbolique, beaucoup ont été supprimés ou détruits. Plusieurs ont été considérés comme apocryphes parce qu'utilisés par des sectes anciennes, ce qui a eu pour effet de les décrédibiliser et de les rendre coupables de transmettre une doctrine ésotérique voire hérétique. Les pseudépigraphes de l'Ancien Testament, abandonnés par les Juifs, ont souvent été remaniés par les chrétiens. Ils ont été composés entre le 2e siècle avant Jésus Christ et le 1er siècle après Jésus Christ.

Les apocryphes du Nouveau Testament

Le Nouveau Testament possède également ses apocryphes (appellation commune à l'ensemble des traditions chrétiennes). Ces textes, dont certains datent déjà du 2e siècle, obéissent aux mêmes genres littéraires que ceux du Nouveau Testament : nous y trouvons des évangiles, des actes, des épîtres et des apocalypses.

La transmission de cette littérature

Notons que les manuscrits de Qumrân, découverts en 1947, et ceux de la bibliothèque gnostique de Nag Hammadi, découverts en 1945, contribuent à une meilleure connaissance de la formation du canon biblique et éclairent les textes apocryphes ou pseudépigraphiques.

La transmission de cette littérature religieuse non-canonique s'est poursuivie sur plusieurs siècles et à travers une diversité de langues : l'hébreu, l'araméen, le syriaque, le grec, le latin, le copte, l'éthiopien, l'arménien et l'ancien-slave, le géorgien, jusqu'à certaines langues vernaculaires comme le vieil anglais, le vieil allemand, le provençal ou le bulgare.

La méfiance vis-à-vis de ces textes n'est plus d'actualité car ils ne bouleversent en rien les dogmes et les doctrines des Eglises. Même si ces textes ne sont pas canoniques et ont connu de multiples remaniements, ils restent des témoins très importants de l'évolution des pensées religieuses depuis l'époque de Jésus jusqu'au Moyen-Age et nous offrent des indices précieux quant aux origines du Christianisme.

Les textes

Les livres deutérocanoniques :

  • Tobie ; Judith ; 1er et 2e Maccabées ; Sagesse ; Ecclésiastique (ou Siracide) ; Baruch ; Additions au livre d'Esther ; Additions à Daniel (chap. 3, 24-90 : cantique d'Azarias et des enfants dans la fournaise ; chap. 13 : l'histoire de Suzanne ; chap. 14 : les histoires de Bel et du Dragon).

Pseudépigraphes de l'Ancien Testament :

  • Jubilés ; 3e et 4e Maccabées ; 4 Baruch ; Vie d'Adam et d'Eve ; Odes de Salomon ; Testaments des douze patriarches ; Testaments d'Abraham, d'Adam ; Hénoch (texte canonique pour la tradition chrétienne éthiopienne) ; Apocalypse de Baruch, d'Esdras, d'Elie, de Sophonie, d'Abraham, de Moïse ; Echelle de Jacob, etc.

Les apocryphes du Nouveau Testament :

  • Evangiles des Nazaréens, des Ebonites, des Hébreux, des Egyptiens, de Thomas, de Pierre, de Barthélemy, de Marie, protévangile de Jacques, évangile du pseudo-Matthieu, évangile de l'enfance de Thomas, etc.
  • Actes de Pierre, de Paul, d'André, de Jean, de Thomas, de Barnabé, de Barthélemy, de Matthias, de Philippe, de Thaddée, etc.
  • La correspondance de Jésus et d'Abgar, la troisième épître de Paul aux Corinthiens, l'épître de Paul aux Laodiciens et aux Alexandrins, la correspondance entre Sénèque et Paul, l'épître des Apôtres (ou Dialogue du Seigneur avec les disciples), etc.
  • Apocalypse chrétienne insérée dans l'Ascension d'Esaïe, apocalypses de Pierre, de Paul, de Thomas, d'Etienne, de Zacharie, de la Vierge, apocalypse apocryphe de Jean, oracles sibyllins, etc.

Références

Voir essentiellement les recueils de textes traduits en français avec introduction et notes :

  • A. Dupont-Sommer et M. Philonenko (éds), La Bible. Ecrits Intertestamentaires (Ecrits qumrâniens et pseudoépigraphes de l'Ancien Testament), tome I, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1997 [tome II à venir]
  • F. Bovon et P. Geoltran (éds), Ecrits apocryphes chrétiens (sur Jésus et Marie, visions et révélations, sur Jean-Baptiste et les apôtres), tome I, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1997 [tome II à venir]
  • Association pour l'étude de la littérature apocryphe chrétienne (éd.), Collection "Apocryphes", Turnhout, Brepols, depuis 1993.

Liens externes

http://www.brepols.com (site officiel des éditions Brepols)

Gwenaelle BRIXIUS