Baptême

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Le Baptême

L'ordre du baptême

Si l'Église baptise, c'est parce qu'elle en a reçu l'ordre de son Seigneur. Après sa résurrection, au moment de quitter ses disciples pour retourner au Père, le Seigneur ressuscité leur donna cet ultime ordre, valable non seulement pour eux, mais aussi pour toutes les générations de chrétiens à venir: 'Allez donc: de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit" (Évangile selon Matthieu 28,19).

Jésus lui-même nous a donné le modèle du baptême en se faisant baptiser par Jean-Baptiste dans le Jourdain (par exemple Matthieu 3, 13-17). A ce moment Dieu déclare solennellement que Jésus est son Fils, il lui accorde son Saint Esprit et lui confie le ministère de Serviteur souffrant qui donnera sa vie sur la croix pour le pardon du péché des hommes.

Ainsi, en baptisant, l'Église de Jésus-Christ obéit à son Seigneur et suit ses traces.

Le baptême, une grâce

Le baptême n'est pas une vague promesse de l'amour de Dieu. Il est le signe visible et concret du don de son amour. A chaque baptême cette bonne nouvelle est publiquement proclamée.

Au moment du baptême Dieu s' adresse personnellement à celui qui est baptisé pour lui dire qu'il le reconnaît comme son enfant. Il lui déclare qu'il peut vivre de son pardon. Il lui accorde dès cet instant le don de son Esprit.

L'apôtre Paul exprime cette réalité d'une autre manière: "Par le baptême en sa mort (celle du Christ), nous avons donc été ensevelis avec lui, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions nous aussi une vie nouvelle" (Épître aux Romains 6,4).

Pour exprimer ce qui se produit dans le baptême, le Nouveau Testament parle aussi de nouvelle naissance (par exemple Jean 3, 3.7), le baptisé étant considéré comme quelqu'un qui commence une vie nouvelle. Le Nouveau Testament utilise également le terme de sceau (par exemple 2 Corinthiens 1, 22): le baptisé a reçu l'empreinte de Dieu, signe qu'il appartient désormais à Dieu. Il dit encore du baptême qu'il est une circoncision spirituelle (par exemple Colossiens 2,11): tout comme la circoncision en Israël marquait l'entrée dans le peuple de Dieu, la circoncision spirituelle est la marque de l'appartenance à l'Église, communauté des baptisés.

Le baptême est la manifestation de l'amour de Dieu pour nous. Cet amour n'est pas mérité. Il nous est offert avant même que nous en ayons connaissance: "Ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, c'est Lui qui nous a aimés" (I Jean 4,10).

La réponse de la Foi

Cette initiative de Dieu appelle la foi comme sa réponse naturelle. Confesser la foi c'est accepter Dieu comme son Seigneur. Baptême et confession de foi sont indissociablement liés.

La réponse de la foi peut être immédiate : dans les premiers jours de l'Église, c'est au moment même du baptême que le candidat confesse sa foi. Ainsi l'eunuque éthiopien dit à Philippe : "Voici de l'eau. Qu'est-ce qui empêche que je reçoive le baptême? Philippe dit : Si tu crois de tout ton coeur, c'est permis. L'eunuque répondit: Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu" (Actes des Apôtres 8, 36-37).

Mais très tôt dans l'histoire de l'Église, il apparaît que si la foi est indispensable au moment du baptême, la réponse du candidat peut être remise à plus tard. Au moment du baptême les parents, parrains, marraines et la communauté confessent la foi, s'engagent publiquement à la place du baptisé et promettent de faire ce qui est en leur pouvoir (par exemple par une éducation religieuse) pour qu'un jour le baptisé puisse lui-même confesser sa foi (cf. confirmation).

C'est cette solution qu'ont choisie les Eglises chrétiennes historiques (Orthodoxie, Catholicisme, Réforme). Elles baptisent les adultes qui viennent à la foi, de même que les enfants des chrétiens en raison de la foi des parents et de l'Eglise et dans l'attente de la réponse future qui sera donnée.

La célébration du baptême

Un certain nombre d'éléments doivent être réunis : Le baptême est normalement administré par un pasteur ou toute autre personne mandatée par l'Eglise à cet effet.

II se fait "au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit" (cf. Matthieu 28, 19). La formule baptismale veut indiquer que Celui qui agit dans le baptême c'est Dieu, le Dieu de l'Evangile, le Père, le Fils et l'Esprit.

Le baptême, qui veut dire plongée, immersion, se fait par l'eau. A l'origine le candidat était immergé afin de marquer le passage de la mort à la vie. De nos jours il n'est, en général, qu'aspergé. En fait la question de la quantité d'eau est sans importance pourvu qu'on garde présent à l'esprit les réalités auxquelles cette aspersion fait allusion: lavage, purification, passage de la mort à la vie.

Le baptême appelle une confession de foi de la part du baptisé ou de ceux (parents, parrains, marraines et communauté) qui prennent la responsabilité de confesser la foi à sa place.

Le baptême est un acte public qui, de ce fait, a besoin de témoins pour en rendre compte et attester son authenticité. Il se fait au cours d'un culte de la communauté qui accueille le baptisé. Les baptêmes en dehors de l'assemblée cultuelle ne sauraient être qu'exceptionnels.

Un seul baptême

L'auteur de l'Épître aux Ephésiens affirme: "Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême" (Ephésiens 4,5). C'est dire que le baptême n'est pas renouvelable et qu'il est fait une fois pour toutes. En effet le baptême est le point de départ de la vie chrétienne et il ne peut exister qu'un seul point de départ. Il ne peut être question de recommencer son baptême et d'être baptisé une seconde fois.

Certes on peut parfois regretter que tel ou tel baptême ait été célébré à la légère, sans donner toutes les garanties d'un avenir chrétien. On peut regretter de ne pas avoir fait l'expérience de son propre baptême. Mais il ne faut pas oublier que ce n'est pas nous qui faisons notre baptême, c'est Jésus-Christ. Et c'est lui qui fait le baptême une fois pour toutes. Vouloir un nouveau baptême, c'est manquer de foi en Jésus-Christ et estimer qu'il n'a pas été à même de réaliser ce qu'il promet. Renouveler son baptême c'est en fin de compte croire que le baptême est notre oeuvre à nous.

Le rebaptême est en contradiction avec l'Évangile et toute la tradition chrétienne. C'est en fait une hérésie.

Le baptême, signe d'unité

Puisqu'il n'y a qu'un seul baptême, cela veut dire que nous reconnaissons comme véritable et authentique le baptême de toutes les confessions chrétiennes - en particulier celui de l'Église catholique - qui baptisent conformément à l'Évangile. Ainsi ce serait une grave erreur et une méconnaissance de la réalité du baptême que de rebaptiser une personne déjà baptisée qui veut faire partie de notre Eglise. Inversement un protestant devenant catholique ne doit pas être rebaptisé, l'Église catholique reconnaissant la validité de notre baptême. Il n'y a qu'un seul baptême dans la chrétienté. Le baptême marque ainsi l'appartenance de tous les chrétiens à l'Eglise de Jésus-Christ. Par là les chrétiens de toutes confessions forment ce peuple de Dieu, ce peuple de baptisés en marche vers la même eucharistie, dans l'espérance de l'unité reconstituée du corps du Christ.

Vivre son baptême

Le baptême est au point de départ de notre vie chrétienne. Par le baptême nous savons que nous sommes enfants de Dieu, que Dieu est prêt à pardonner nos errements et à nous permettre ainsi de prendre un nouveau départ, que son Esprit renouvelle notre vie. Alors nous pouvons affronter la vie et ses épreuves quotidiennes.

Lorsque Luther était assailli par la tentation, il avait coutume de s'écrier : "Je suis baptisé" et cette certitude lui permettait de taire face... Nous aussi, nous sommes baptisés, et nous pouvons faire face à toutes les épreuves.

Le baptême est le sacrement initial de la vie chrétienne. Il débouche tout naturellement sur le sacrement de la Sainte Cène qui renouvelle en nous le don du baptême, c'est à dire la communion avec le Christ mort et ressuscité, et nous permet d'avancer, au travers des difficultés de la vie présente, vers le royaume qui nous est promis.

Source

Ce texte a été rédigé par A.Benoit, et édité à l'initiative de la Commission de formation biblique et théologique de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg et de l'Eglise Réformée d'Alsace et de Lorraine.

Voir aussi