Baptiste

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Les Églises baptistes actuelles sont issues de deux courants réformateurs : l'anabaptisme hollandais et le puritanisme séparatiste anglais au 16ème siècle, mais elles ne se sont développées qu'à partir du 17ème siècle, surtout en Angleterre et en Amérique du Nord. La première assemblée de type baptiste fut fondée à Amsterdam en 1609.

La théologie baptiste

"Baptiste" était au 17ème siècle un sobriquet donné à des Églises issues de la Réforme qui ne pratiquaient pas le baptême des nourrissons, mais exclusivement celui de personnes professant personnellement et publiquement leur foi en Dieu (Père, Fils et Saint-Esprit). Ce baptême se fait généralement par immersion. Il est compris comme un acte symbolique qui manifeste de manière visible la réalité de l'œuvre de salut de Dieu et de l'union du croyant à Jésus-Christ dans sa mort et sa résurrection.

Les baptistes composent des Églises de «professants» dont les membres sont des personnes baptisées sur profession de foi.

Ces Églises ne baptisent donc pas des enfants en bas âge. Cependant, ceux-ci reçoivent une éducation religieuse qui doit leur permettre ultérieurement de se positionner par rapport à la foi.

Outre leur attachement aux principes bibliques de la Réforme protestante, les Églises baptistes insistent sur :

  • L'importance de l'autonomie de la communauté locale (congrégationalisme). L'Église locale est la représentation concrète et visible, là où elle est implantée, de l'Église universelle, corps du Christ. Elle est indépendante de toute autre autorité que celle de Jésus-Christ et est appelée à assurer son fonctionnement de façon autonome. Pour ce faire, tous les membres de la communauté, associés dans un engagement volontaire, mettent en œuvre, sous la conduite du Saint-Esprit et pour l'utilité commune, les dons qu'ils ont reçus. L'Église locale est aussi appelée à vivre une certaine solidarité avec les autres.
  • L'importance de l'évangélisation : Une des grandes convictions des baptistes est que nul ne naît chrétien, mais que chacun est appelé à le devenir par la foi personnelle en Jésus-Christ. C'est seulement par la conversion au Christ que l'homme peut connaître une vraie libération. C'est pourquoi ces Églises s'efforcent aux côtés d'autres Églises chrétiennes d'inviter leurs contemporains de diverses manières à la repentance et à la foi en Jésus-Christ. Chaque Église est appelée à discerner les lieux de témoignage et de service appelant un ministère diaconal.
  • La liberté religieuse : Rendues attentives par leur histoire aux risques d'intolérance en matière religieuse, les Églises baptistes ont toujours milité pour un strict respect de cette liberté fondamentale : nul n'a le droit d'imposer à d'autres ses propres convictions et les États ont pour mission de garantir une pleine liberté de conscience en la matière.
  • La séparation de l'Église et de l'État : Séparées de l'État par nécessité, les Églises baptistes le sont aussi par conviction. Elles estiment que l'État n'a pas vocation à exercer un contrôle sur les convictions religieuses des citoyens. De même, l'Église doit renoncer à contraindre les hommes et à exercer une puissance temporelle. Sa mission est de servir en proclamant l'Évangile et en luttant pour faire triompher la foi, l'espérance et l'amour.

Les églises baptistes

En France

L'implantation de congrégations baptistes en France remonte à la première moitié du 19ème siècle. On estime qu'il y a environ 40 000 adeptes en France, dont 13 000 baptisés.

L'une des trois Unions de congrégations baptistes fait partie de la Fédération protestante de France : la Fédération des Églises évangéliques baptistes de France (FEEBF). Il existe d'autres unions d'Eglises baptistes non rattachées à la Fédération protestante, et dont la principale est l'Association Evangélique d'Eglises Baptistes de Langue Française (AEEBLF), qui regroupe une quarantaine d'Eglises locales.

La Fédération des Eglises Evangéliques Baptistes de France (FEEBF)

La FEEBF compte aujourd'hui 114 paroisses et 107 pasteurs dont 1 femme, 6 500 membres confessants ou adultes baptisés, soit une population baptiste de plus de 18 000 personnes. Elle est de type congrégationaliste. Elle a la particularité d'être composée presque à parité d'églises "charismatiques" et d'églises "classiques".

Sur le plan international, la FEEBF est membre de l'Alliance baptiste mondiale (BWA)[1] ; de la Fédération baptiste européenne (FBE) [2], de la Conférence des Eglises européennes (KEK).

  • Siège : 47, rue de Clichy - 75311 Paris Cedex 09.
  • Téléphone : 01 53 20 15 40
  • Site internet : http://www.feebf.org/

En Alsace et en Moselle, les communautés de cette fédération sont implantées à Logelbach/Wintzenheim, Metz (le Colombier), Mulhouse (l'Arbre de vie), Strasbourg-Meinau.

L'Association évangélique d'Églises baptistes de langue française (AEEBLF)

En Alsace et en Moselle, les communautés de cette Association sont implantées à Illkirch-Graffenstaden (crée en 1947), Sélestat (1976), Colmar (1976), Mulhouse (1930).

Communion Evangélique de Baptistes Indépendants (CEBI)

"La Communion évangélique de baptistes indépendants (CEBI) est une association de fait. Elle regroupe des églises et associations Baptistes qui ne dépendent d’aucune organisation humaine."

Autres Églises baptistes

En Alsace, une église baptiste ayant adopté la confession de foi de la FEEBF, mais non rattachée à elle, célèbre ses cultes à Lingolsheim.

A compléter

Historique

L'origine des baptistes

Les non-conformistes anglais

Si le qualificatif "baptiste" n'apparaît qu'au 17ème siècle, on peut dire de ces églises qu'elles sont un fruit des Réformes du 16ème siècle. En effet, c'est à cette période que naquirent en Angleterre, en réaction aux actes d'uniformité pris par le roi Édouard VI en 1549 et la reine Élisabeth en 1559, les églises congrégationalistes d'où sortiront les églises baptistes.

Non-conformisme et anabaptisme

Les non-conformistes anglais à l'origine de ces communautés refusaient le système paroissial en vigueur et insistaient sur la liberté d'adorer et de servir Dieu indépendamment du décret d'un souverain. Pourchassés par l'Église anglicane, ces hommes trouvèrent refuge en Hollande où ils purent développer leur conception congrégationaliste de l'Église selon laquelle c'est l'assemblée locale des croyants qui est l'Église. Grâce à des contacts avec des mennonites, ils adoptèrent la conception anabaptiste du baptême qu'ils pratiquèrent d'abord par aspersion, puis par immersion comme le font toutes les Églises baptistes aujourd'hui. John Smyth s'est ainsi fait baptiser avec quelques autres en 1608 et a fondé la première assemblée baptiste en 1609 à Amsterdam. Un de ses amis, Thomas Helwis, retourna en Angleterre et y fonda la première église baptiste en 1612.

Émigration et expansion

En raison des persécutions, les baptistes émigrèrent avec d'autres en Amérique du Nord et implantèrent de nombreuses Églises selon leurs convictions. Parmi les premiers émigrés figure un certain Roger Williams, pasteur à l'origine de plusieurs églises et fondateur en 1639 de la colonie de Providence dont il fera un lieu d'accueil ouvert à tous les hommes quelque soit leur credo. Il fut - à travers de la colonie de Rhode Island qu'il fonda en 1643 et qui deviendra l'un des treize états de l'Union au moment de l'indépendance des États-Unis - l'inspirateur des articles sur la tolérance religieuse et la liberté de conscience dans la constitution des USA.

C'est au moins pour partie l'explication de l'importance numérique des baptistes aux USA aujourd'hui : 32,6 millions[3] selon les statistiques de l'Alliance Baptiste Mondiale.

L'histoire des baptistes en France

La première église baptiste française est créée en 1820 à Nomain (Nord). Le mouvement essaimera d'abord modestement dans la région du Nord, la vallée de l'Aisne et la vallée de l'Oise. En 1834, l'œuvre baptiste s'implante en Bretagne avec l'arrivée à Morlaix du pasteur gallois John Jenkins.

A partir de 1836, les baptistes s'organisent (ouverture d'une école pastorale à Douai, adoption d'une confession de foi commune, ...) avant d'être sévèrement tracassés, à partir de 1852, par la Puissance publique et les autres églises.

Le dernier quart du 19ème siècle verra une expansion encourageante qui permettra aux églises francophones (environ 30 communautés entre la France, la Belgique et la Suisse) de s'organiser plus efficacement.

En 1910, lors de sa création, la Fédération baptiste compte dix églises constituées. En 1913, 15 pasteurs sont à l'œuvre, 28 lieux de culte rassemblent 833 membres baptisés et 827 enfants fréquentent l'école du dimanche. En 1937, la Fédération crée la Mission Intérieure Baptiste (MIB) dont le but est d'implanter de nouvelles églises dans les lieux où il n'y en a pas encore.

Entre 1946 et 1960, 20 nouvelles communautés sont créées dans plusieurs grandes villes (Lyon, Grenoble, Strasbourg, ...). Une nouvelle étape de croissance s'amorce au cours des années 70 : entre 1976 et 1984, le nombre d'églises est passé de 46 (rassemblant 2300 membres) à 71 églises (rassemblant 3800 membres baptisés). Depuis, plusieurs églises sont encore venues grossir les rangs soit par implantation pionnière (Pau, Limoges, Menton, Sens, La Rochelle, ...), soit par essaimage (Créteil, Morsang-sur-Orge, Aubergenville, ...), soit par accueil d'églises extérieures (Bourges, Nîmes, Colmar, ...). En 2009, la Fédération compte 114 églises et environ 6500 membres baptisés sur profession de foi.

Trois facteurs expliquent la progression du nombre d'Églises baptistes depuis la dernière guerre :

  • Une stratégie d'implantation de nouvelles églises en partenariat avec des sociétés missionnaires baptistes des États-Unis, de Suède et de Grande-Bretagne.
  • L'impact du renouveau charismatique sur nombre d'églises au début des années 70 qui a apporté un nouveau souffle dans les rangs au point que la moitié des communautés peuvent être aujourd'hui considérées comme charismatiques.
  • L'adhésion de plus en plus fréquente d'Églises créées d'abord de façon indépendante.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Protestants d'Alsace et de Moselle : lieux de mémoire et de vie / sous la dir. d'Antoine Pfeiffer.- Ingersheim : Saep ; Strasbourg : Oberlin, 2006
  • La brochure "Pour dialoguer", éditée par la Fédération Protestante de France en automne 2000.
  • Les baptistes en France 1810-1950, Fath Sébastien, Excelsis.
  • Les Eglises Baptistes : Un protestantisme alternatif, Lhermenault Etienne, Empreinte temps présent.

Notes et références

  1. Les baptistes sont particulièrement bien représentés aux Etats-Unis, en Inde, au Brésil et au Congo
  2. Allemagne, Royaume-Uni, Roumanie, Suède, Russie et Ukraine essentiellement
  3. en juillet 1997