Bischwiller, paroisse luthéro-réformée

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Paroisse Luthéro-Réformée de Bischwiller
France France
  • Consistoire de : Bischwiller
Lieu de culte
  • Ville : Bischwiller
  • Adresse : 6 rue de l'Eglise
  • Coordonnées géographiques : 48°46'12" N, 7°51'35" E
Contacts
  • Pasteur(s) : Romain SCHILDKNECHT ; Hélène MARX ;
  • Téléphone : 03.88.53.89.60
  • Mail(s) : Romain SCHILDKNECHT

Marx Hélène

  • Site Internet : ...



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Présentation

Paroisse luthéro-réformée de Bischwiller, 6 rue de l'Eglise 67240 Bischwiller

La paroisse luthéro-réformée de bischwiller est membre de

  • l'EPRAL (Eglise Protestante Réformée d'Alsace et de Lorraine)
  • l'EPCAAL (Eglise Protestante de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine)
  • elle-même membre de l'UEPAL (Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine).


Lieux de culte

  • Bischwiller, Eglise protestante, rue de l'Eglise
  • Hanhoffen, Rue Paul Weiss
  • Bischwiller, Chapelle des Etablissements hospitaliers, 17 rue de Strasbourg
  • Maisons de retraite


Historique

  • BISCHWillER

Fièrement dressée sur son promontoire face à la Moder et à la plaine du Rhin, l'église protestante de Bischwiller, une église pas comme les autres, en est à son 8e siècle d'existence. Une église pas comme les autres ... simplement parce que, contrairement aux habitudes, elle ne se trouve pas au milieu de l'agglomération, mais sur la bordure Nord de la bourgade, rue de l'Église. Sans doute la butte où elle fut érigée en 1300 par les soins de l'évêque Frédéric 1er de Lichtenberg et consacrée à la Vierge Marie, y fut-elle pour quelque chose.

Pourtant,il existait déjà un modeste lieu de culte à l'annexe toute proche du quartier de Hanhoffen : une chapelle, construite vers 1195 par l'évêque de Strasbourg qui avait là un rendez-vous de chasse, d'où le nom de la localité qui apparaît un peu plus tard: «Bischoveswilre» (le village de l'évêque). Cette chapelle a été cédée aux catholiques en 1684 ; ils l'ont utilisée seuls jusqu'à la construction de leur église Saint-Augustin en 1837. On y a retrouvé en 1956 des fresques datant du 14e siècle. Certaines relatent la légende de saint Nicolas, à qui la chapelle est dédiée. Elle fonctionne sous le régime du simultaneum* depuis 1859.

Lorsqu'en 1525 la population demanda à l'unanimité l'introduction de cultes issus de la Réforme, le premier pasteur qui y fut nommé était Gervasius Schuler, natif de Strasbourg, disciple de Zwingli* et prédicateur à Zurich. Ce qui fait que cette communauté de nouveau style était ce qu'on appelle aujourd'hui «réformée». À court d'argent, l'évêque de Strasbourg vendit son bien de Bischwiller à divers seigneurs laïcs. Celui-ci passa en 1542 aux ducs de Deux-Ponts qui restèrent seigneurs du lieu jusqu'à la Révolution française. Ceux-ci, eux-mêmes protestants, mais luthériens, furent étroitement liés à la communauté protestante de Bischwiller. C'est ainsi que le duc Jean Il permit vers 1600 l'installation de réfugiés huguenots* venant des Pays-Bas, de la Flandre et des provinces du Nord de la France.

Entre 1617 et 1619, il accueillit également les réformés qui avaient fui la France et s'étaient installés à Phalsbourg (voir sous Phalsbourg). Par une heureuse coïncidence, ces nouveaux arrivants étaient tous, de près ou de loin, liés à des métiers du textile. Le duc leur ayant accordé des conditions d'établissement favorables (terrain gratuit, liberté d'exercice du culte dans leur langue, liberté d'exercer «tout métier honnête », nomination d'un pasteur francophone, liberté d'enseignement en français etc.), les huguenots créèrent à Bischwiller l'industrie du textile. La population s'agrandit rapidement, aussi par l'arrivée de protestants venant des provinces voisines de langue allemande, mais de rite luthérien. Signalons aussi qu'entre 1588 et 1654 les réformés de Strasbourg, interdits de célébrer leurs offices en cette ville, se rendaient à Bischwiller pour les cultes. Leur présence contribua à augmenter l'influence calviniste, renforcée après 1648 par une immigration helvétique francophone. C'est aussi à eux que l'on doit l'introduction, à Bischwiller, du catéchisme de Heidelberg*.

Officiellement, seul le culte réformé était admis à Bischwiller, de sorte que les cultes se passaient séparément : les réformés de langue allemande et les réformés de langue française célébraient leurs cultes à l'église; en 1690, Christian de Birkenfeld rétablit le culte luthérien dans la chapelle du château Tiefenthal, situé en contrebas derrière l'église. Cependant, au bout de quelques décennies, les luthériens manquèrent de place au château ; il fut alors décidé de les accueillir à l'église. Il y eut donc trois paroisses : les réformés de langue allemande, les réformés de langue française et les luthériens. On organisa trois cultes tous les dimanches matin : d'abord les réformés de langue allemande, puis les réformés de langue française, enfin les luthériens ! Afin d'éviter les frictions, le duc de Deux-Ponts édita une ordonnance (Kirchenordnung), organisant de façon détaillée la vie ecclésiale et privée des protestants. Ainsi, en cas de mariage mixte (réformé-luthérien), il fut décidé que les enfants issus de ce mariage suivraient, pour les garçons, la confession du père, et, pour les filles, la confession de la mère, ce qui, au bout de deux générations, n'a pas manqué de provoquer de sérieux imbroglios, et cela d'autant plus qu'il était difficile pour un luthérien de passer à la confession réformée et inversement, car chaque communauté tenait jalousement à ses effectifs.

Cela n'a pas empêché les uns et les autres de travailler ferme : les réformés étant le plus souvent les «patrons », donc aussi les plus riches, les luthériens occupant des fonctions plus modestes. Les ducs de Deux-Ponts avaient pris pour habitude de résider, au moins durant une partie de l'année, à Bischwiller. Dès 1644, ils firent creuser un caveau, derrière l'autel, caveau dans lequel fut déposé le cercueil de la princesse Clara-Sybilla, décédée à l'âge de un an, un mois, une semaine et un jour. Un monument funéraire, au fond du chœur, rappelle encore son souvenir. Une autre plaque, aujourd'hui visible à côté de l'escalier menant à la chaire, relate le décès du fils du bailli Obernheimer, décédé à l'âge de 40 semaines.

Vers 1720, il se trouva que la population avait augmenté au point que l'église se révéla trop petite. En 1722, grâce à des aides du Palatinat et de Suisse, on décida de l'agrandir en empiétant sur le cimetière entourant le bâtiment et en créant le transept Nord. En même temps fut construit le transept Sud, d'où, dans une loge située au premier étage et chauffée par une cheminée à la française, le duc pouvait assister au culte. En outre l'église fut dotée en 1729 d'un orgue sorti des ateliers du célèbre facteur d'orgue André Silbenmann. Placé à l'origine au-dessus du chœur, il fallut, en 1856, le déplacer pour permettre son agrandissement. Il comporte 33 registres, dont certains datent encore des mains de Silbermann. Aujourd'hui classé monument historique, ce bel instrument permet l'organisation de concerts dans cette église dont l'acoustique est particulièrement favorable. Il y eut une autre modification : en 1856 les protestants estimèrent que le clocher de leur église, un vénérable clocher roman, à deux pentes, ne se voyait pas d'assez loin. Comme les patrons étaient riches, ils décidèrent d'y remédier et remplacèrent le clocher roman par un clocher pointu dont on n'oserait prétendre qu'il s'harmonise avec le style du bâtiment.

Il y eut cependant des emplois des moyens financiers plus conformes aux préceptes de l'Évangile : en 1723, les trois communautés décidèrent de fonder un asile pour les malades et les nécessiteux. D'abord installé dans une modeste maison au bord du Rotbaechel, cet asile, dénommé aujourd'hui Diaconat, 2 rue de l'Église, est devenu, au fil des déménagements et des agrandissements, une maison de retraite. Ajoutons la création, en 1863, par la paroisse réformée, d'un collège ouvert aux enfants de toutes les confessions. C'était l'ancêtre de l'actuel lycée André Maurois.

En 1826, il y eut à Bischwiller: une église protestante simultanée, trois presbytères et trois écoles protestantes. Fonctionnant séparément depuis l'arrivée de huguenots et des luthériens, les trois, puis les deux paroisses se sont peu à peu rapprochées depuis 1937 (année de fusion des deux paroisses réformées), malgré des crises ponctuelles, tout en maintenant des cultes séparés. Après la Seconde Guerre mondiale, ce rapprochement s'accentua et on alla jusqu'à organiser de temps à autre des séances communes des deux conseils presbytéraux. De plus on assistait à une diminution sérieuse du nombre de paroissiens: en 1525, Bischwiller était protestant à 100 % ; en 1939, les protestants ne représentaient plus que 50 % de la population, et en 2001 ce pourcentage est tombé à 22 %. les causes en sont l'exode d'une grande partie de la population en 1870, la disparition de l'industrie textile, le départ des jeunes générations qui ne trouvaient plus de situation sur place et l'augmentation globale de la population, essentiellement par l'arrivée d'éléments catholiques.

En 1980, la paroisse réformée et la paroisse luthérienne décidèrent de fusionner, non pas juridiquement, mais de facto. Toutes les activités sont communes, il n'y a plus qu'une seule série de registres paroissiaux et un seul conseil presbytéral. Même les finances sont communes ! la distinction réformé-luthérien a disparu.

Jusqu'en 1927, Bischwiller était desservi par quatre pasteurs (deux luthériens et deux réformés). À l'heure actuelle, il n'y en a plus qu'un seul, nommé tantôt par l'ERAl*, tantôt par l'ECAAl:, mais bénéficiant de l'aide de l'aumônier des Établissements hospitaliers départementaux. Signalons enfin que c'est à Bischwiller, ville symbole des liens entre le protestantisme et l'industrie en Alsace du Nord que les deux Églises régionales ont choisi d'implanter un ministère dans l'Industrie. Créé en 1987, ce Service protestant dans le monde du travail étend aujourd'hui son action sur l'ensemble de l'Alsace du Nord. Il s'agit d'un travail d'animation, de communication et d'accompagnement de personnes qui vise l'articulation entre les convictions chrétiennes et la vie professionnelle.

Personnalités

Rappelons aussi que les paroisses protestantes de Bischwiller ont longtemps bénéficié de pasteurs éminents, tel les pasteurs Frédéric Guillaume Culmann (1793 à 1883) ou Pierre Scherding, qui devint en 1937 professeur à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg. À Bischwiller ont grandi Robert Will (1869-1959) et Charles Hauter (1888-1981) le premier fut professeur à la faculté de théologie protestante, le second doyen de la même faculté. Robert Will a fait du presbytère luthérien, 6 rue de l'Église, le cadre de son livre bien connu, «e Pfarrhüüs üs d'r guede alte Zytt» (Un presbytère comme au bon vieux temps).

Le nom du pasteur Johann Philipp Reinhard Ehrenpfort (1729-1808) est étroitement lié à l'introduction de la culture du houblon à Oberhoffen. En 1760, la desserte de la paroisse est confiée à ce pasteur, alors âgé de 29 ans. Il y reste jusqu'à sa mort. Son souci, certes, était le développement spirituel de ses ouailles, mais il voit aussi la détresse matérielle de ses paroissiens. Les foyers ont beaucoup de bouches à nourrir. Le sol est sablonneux et pauvre, l'engrais chimique inconnu, l'industrie inexistante. Le pasteur expérimente la culture du houblon, surmonte les premières réticences et convainc les agriculteurs à sa plantation. Dès lors, la culture houblonnière influencera profondément le développement du village et améliorera considérablement pendant 200 ans le confort matériel de la population. La commune a donné le nom du pasteur Ehrenpfort à l'une de ses rues. Sa pierre tombale a été découverte récemment derrière l'église, à l'endroit où était situé l'ancien cimetière.

La Fondation protestante «Sonnenhof»

Inspiré par les Asiles John Bost à la Force (Dordogne) et par un propos de son collègue Auguste Jaeger; de Mietesheim, Gustave Théodore Stricker, pasteur à Hunspach de 1842 à 1875, eut l'idée de créer en Alsace un établissement similaire «pour faibles d'esprit et épileptiques ». Il consacra toute son énergie à cette volonté et appela aux dons dans le journal «Sonntagsblatt» qu'il avait créé. Après la guerre de 1870 et le décès de G.T Stricker; son fils Gustave, commerçant à Mulhouse, prend la relève.

Commencée à Oberhoffen, dans une propriété achetée en 1876, l'œuvre se développe rapidement. En 1880, on y compte déjà 26 enfants; l'œuvre est reconnue d'utilité publique la même année. En 1884, le conseil d'administration décide d'acquérir l'ancienne filature Bertrand à Bischwiller. Transformés en 1885, les bâtiments accueillent les garçons, les filles restant à Oberhoffen, sous la direction d'une sœur diaconesse. Le premier instituteur est embauché dès 1884, marquant ainsi le souci pédagogique des responsables de l'œuvre. En 1910, les asiles, qui ont pris le nom de «Sonnenhof», hébergent 200 pensionnaires. L'établissement compte 300 résidents en 1939 et continue à se développer après la guerre par la rénovation et la construction de nouveaux bâtiments, ainsi que d'une école.

La Fondation Sonnenhof accueille aujourd'hui près de 700 personnes handicapées mentales, de tous âges et de tout degré de handicap, encadrées par 500 collaborateurs. Le site principal, à Bischwiller; constitue un véritable village protégé, où les résidents disposent d'infrastructures variées pour l'éducation, le travail, les soins, les sports, la vie spirituelle. Implantée également sur des sites annexes à Oberhoffen, Hoerdt, Reichshoffen et Marmoutier; le Sonnenhof gère une quinzaine de structures : pour enfants polyhandicapés et autistes, travailleurs handicapés (atelier protégé et centres d'aide par le travail), adultes lourdement handicapés, personnes handicapées vieillissantes ... Au cœur de sa démarche et de ses projets, la Fondation a placé la devise «Chaque vie est une lumière».


Source : Protestants d'Alsace et de Moselle. Lieux de mémoire et de vie. Ed Oberlin/saep

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