Choral

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A l'origine du choral luthérien

"Des chansons de rue, des chants de la mine et de chevalerie, transformés de manière chrétienne, éthique et morale de telle façon que les mélodies fâcheuses et néfastes, les chansons inutiles ou honteuses chantées dans les rues, les champs, les maisons et ailleurs perdent leurs mauvais effets du fait qu'elles ont des paroles et des textes chrétiens, bons et utiles." (Martin Luther)

Martin Luther est un musicien accompli, il aime la musique, il est un homme de foi, la musique sera donc l'expression de la louange et de la foi de tous les fidèles. Il est important aussi pour Luther de pouvoir exprimer ce qu'ont été l'incarnation, les souffrances, la mort et la résurrection de Jésus-Christ, ainsi que l'expression de la foi du chrétien.

Qu'est un choral?

Le choral est un chant d'assemblée, originellement propre aux église luthériennes. Le souci pédagogique de Luther est de reprendre avec des paroles en langue vernaculaire des airs catholiques attachés à telle ou telle période liturgique, de composer des musiques originales, ou de reprendre des airs populaires. Mais en respectant le principe "une note une syllabe", en employant des mélodies simples, facilement mémorisables, compositions originales, chansons connues, hymnes grégoriens, comme par ces deux exemples de contrefactures :

  • Veni creator spiritus qui devient le choral de Pentecôte Komm Gott schopfer (1524) (l’hymne catholique de Pentecôte est repris sous une forme de choral, sans mélisme, avec une note par syllabe et en langue « vulgaire »)[1].
  • La Monaca (ou la Monica), que l'on retrouve dans le choral Von Gott ich nicht lassen[2]. Cette chanson d’origine italienne, la Monaca (ou la Monica) raconte l’histoire d’une jeune fille qui ne veut pas entrer au couvent ! Ce thème populaire fit le tour de l’Europe, la chanson adaptée en français qui fut aussi le « timbre » d'un Noël catholique intitulé Une jeune pucelle.

Si le choral semble être la forme de cantiques propre aux Luthériens, ceux ci ont été à l'origine du Psautier: ainsi celui de Strasbourg, paru en 1536, et que découvrira Calvin lors de son séjour à Strasbourg.

Le choral de Luther, les chorals de Bach

Dans les milieux réformés francophones ou dans ceux de la musique, on évoque souvent le "choral de Luther", Ein’ feste Burg ist unser Gott, comme si il n'avait composé que ce seul cantique. Or, on lui attribue la rédaction, voire la composition d'au moins au moins 36 chorals. Parmi ceux-ci on peut citer:

  • Ach Gott vom Himmel, sieh darein - 1523
  • Aus tiefer Not schrei' ich zu dir [3]- 1523
  • Christ lag in Todebanden[4] - 1524 (sur une mélodie du 12è siècle)
  • Christ, unser Herr, zum Jordan kam - 1541
  • Christum wir sollen loben schon - 1524
  • Der du bist drei in Einigkeit - 1543
  • Dies sind die heil'gen Zehn Gebot' - 1524
  • Ein feste Burg is unser Gott[5] - 1529
  • Ein neues Lied wir heben an - 1523
  • Erhalt uns, Herr, bei deinem Wort[6] - 1541
  • Es ist gewißlich an der Zeit[7] - 1529
  • Es spricht der Unweisen Mund wohl - 1524
  • Es woll' uns Gott genädig sein - 1524
  • Gelobet seist du, Jesu Christ[8] - 1523
  • Gott der Vater wohn' uns bei - 1524
  • Gott sei gelobet und gebenedeiet - 1524
  • Jessia, dem Propheten, das geschah - 1526
  • Jesus Christus unser Heiland[9] - 1524
  • Komm, Heiliger Geist, Herre Gott - 1524
  • Mit Fried' und Freud' ich fahr' dahin - 1524
  • Mitten wir im Leben sind - 1524
  • Nun bitten wir den Heiligen Geist[10] - 1524
  • Nun freut euch, liebe Christen g'mein - 1523
  • Nun komm, der Heiden Heiland[11] - 1524
  • Vater unser im Himmelreich[12] - 1539
  • Vom Himmel hoche da komme ich her[13] - 1539
  • Vom Himmel kam der Engel Schar - 1543
  • Wär' Gott nicht mit uns diese Zeit - 1524
  • Wir glauben all' an einen Gott - 1525

Le premier recueil de chorals parut à Wittemberg en 1524[14] .

De même, n'entend-on pas souvent évoquer dans les conversations "c'est un choral de Bach", après avoir entendu soit un prélude de choral à l'orgue, soit un choral chanté et harmonisé. En fait, Bach a écrit très peu de chorals, mais il en a harmonisé beaucoup ! On le sait, le Cantor de St Thomas a puisé dans les divers recueils de cantiques parus dans le monde luthérien dès la fin du 16è siècle, et surtout au début du 17è siècle [15].

Soulignons aussi que le timbre (la mélodie) devient alors un moyen mnémotechnique d'évocation. Bach, en parfait luthérien, place en tête et en fin de son cycle de cantates constituant l'Oratorio de Noël le fameux choral de la Passion Herzlich tut mich verlangen, ce n'est pas gratuit: il évoque déjà dans l'Incarnation les souffrances et la mort de Jésus-Christ. Il en est de même pour un choral joué sur un instrument: l'air entendu évoque obligatoirement au fidèle les paroles du cantique, voire même le prépare à le chanter si c'est un prélude de choral.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

GUICHAROUSSE, Hubert, Les musiques de Luther. Labor & Fides, 1995.

WEBER, Édith, La musqiue protetante en langue allemande. Honré Champion, 1980.

WILSON-DICKSON, Andrew, The Story of Christian Music. Lion Publishing, 1992.

Notes et références

  1. Alléluia ("recueil de cantiques commun francophone"), n°35-02
  2. Alléluia, n°31-04
  3. Alléluia, n°12-18
  4. Alléluia, n°34-06
  5. Alléluia, n°37-01 à 37-03
  6. Alléluia, n°36-02, 47-08, 62-74
  7. Alléluia, n°32-09
  8. Alléluia, n°32-02
  9. Alléluia, n°33-10
  10. Alléluia, n°35-03
  11. Alléluia, n°31-03
  12. Alléluia, n°41-03, 62-24
  13. Alléluia, n°32-04, 32-05
  14. Geystlich Gesang-Buchleyn
  15. Plus de 10000 cantiques furent écrits entre la Réforme et la fin du 17è siècle, au travers de plusieurs centaines de recueils (dont 70 à Strasbourg!)