Dîme

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Le mot dîme vient du latin decima qui veut dire dixième, elle était pratiquée chez les juifs pour l'entretien du Temple et de Lévites, et pour soutenir les pauvres.

Chez les chrétiens elle commence à être réclamée au IIIème siècle par Saint Cyprien pour l'entretien du clergé mais cela n'est imposée qu'au IVème siècle sous Constantin, qui imposera le catholicisme comme religion officiel dans tout l'empire. Mais cette pratique ne s'est répandu parmi les chrétiens qu'au VIIIème siècle.

Les quatre sortes de dîmes

Il y avait quatre sortes de dîmes sous la loi :

La 1ère dîme

Le peuple devait payer une dîme générale au bénéfice des Lévites. Nombres 18:21

Toutes les tribus d'Israël, à l'exception des Lévites, eurent une possession géographique qu'ils reçurent comme leur "héritage" après l’entrée en Canaan. Mais les Lévites devaient accomplir une tâche particulière au sein de la nation. Ils devaient s'occuper du service dans la tente d'assignation. En compensation de ce service, ils devaient percevoir un impôt de 10 % des revenus de tous les Israélites.

Ces Lévites devaient en outre remplir les fonctions actuelles d'inspecteurs sanitaires, d'officiers de police, de magistrats, et d'enseignants. Pour employer un langage moderne, les Lévites représentaient les « agents de la Fonction Publique ». Leurs besoins étaient couverts par la perception de cette taxe de 10 % sur les revenus de toute la nation.

La 2ème dîme

Les Lévites devaient payer la " dîme de la dîme ", au bénéfice des sacrificateurs. Nombres 18:25-31.

Tous les sacrificateurs étaient des Lévites, mais tous les Lévites n'étaient pas des sacrificateurs. Les sacrificateurs descendaient d'Aaron, et ils exerçaient des responsabilités particulières dans le service de la tente d'assignation, puis du Temple. Cette seconde dîme offrait une garantie financière aux sacrificateurs, et assurait donc le bon fonctionnement du service du Temple.

La 3ème dîme

Tous les Israélites devaient conserver une dîme de toute leur production, en prévision de leurs pèlerinages annuels à Jérusalem. Deutéronome 14:22-26.

Tout le peuple devait s'assembler trois fois par an à Jérusalem, l'endroit choisi par le Seigneur, à l'occasion des principales fêtes. Ces fêtes devaient être l'occasion de se réjouir ensemble, et Dieu avait prévu que chacun puisse disposer de ressources suffisantes pour leur permettre de se réjouir pleinement. C’est pour cela qu’ils devaient mettre de côté 10 % de leurs productions agricoles annuelles. Il est intéressant de noter que la dîme n'était jamais payée en argent, mais toujours en nature.

Le verset 27 fait référence à la première dîme, qui devait être donnée aux Lévites. En d'autres termes, cette troisième dîme, destinée à être consommée au cours des fêtes annuelles, ne devait pas être confondue avec la dîme spécifique destinée aux Lévites.

La 4ème dîme

Il fallait payer une dîme spéciale à l'intention des pauvres, des orphelins et des veuves. Deutéronome 14:28-29. Cette dîme était destinée aux pauvres, aux veuves et aux orphelins. Aujourd'hui, dans nos pays modernes, on appellerait cela la " Sécurité Sociale " ! Cette dîme devait être payée tous les trois ans. Elle concernait donc le tiers d'une dîme annuelle.

Ces dîmes étaient des taxes

Toutes ces dîmes n'étaient pas des offrandes volontaires. Il s'agissait de véritables taxes. Toutes ces dîmes confondues et payées par les Israélites représentaient plus de 20 % de la totalité de leurs revenus annuels. C'est un chiffre comparable à celui des impôts sur les revenus payés par les citoyens d'un Etat moderne.


Après l'apparition du christianisme la dîme doit-elle être conservée ?

L'Eglise du Nouveau testament est-elle soumise à la pratique de la dîme ? Il existe différents points de vue.

Arguments pour la dîme

  • Les partisans de la conservation de ce procédé utilisent estiment que son principe est valable indifféremment de l'époque à laquelle nous vivons. Ils mentionnent que les patriarches de l'Ancien Testament ont donné la dîme bien avant qu'elle ne soit organisée au sein du pays d'Israël.
  • L'autre notion théologique avancée est l'affirmation que Jésus n'est pas venu abolir les lois religieuses. Jésus l'affirme lui-même.
  • La dernière notion avancée consiste simplement à reprendre des paroles de prophètes telle celle de Malachie 3:10 " Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes".

Arguments contre la dîme

  • La dîme, un système dépassé

La dîme serait alors l'écho d'un système ancien remontant à 2000-3000 ans. Il faut se souvenir que la dîme fut un procédé visant à réunir des impôts alimentant les caisses du clergé d'Israël de l'époque.

De nos jours les postes, dans le cadre de liens entre Eglises et Etats, sont financés sur une toute autre base.

Lorsqu'il n'y a pas de lien entre Eglises et Etats les pasteurs (et autres permanents salariés), trouvent le financement de leurs postes par des dons qui sont l'expression de convictions religieuses.

La base de 10% d'un revenu n'est pas retenue parmi les Eglises dites "historiques", c'est à dire pour l'essentiel, les Eglises Réformées ou Luthériennes. C'est le don libre et joyeux qui est l'expression usuelle.

  • Approche biblique

Ceux qui sont contre la dîme disent que cette pratique était réservée aux juifs "sous la Loi", elle n'est plus applicable aujourd'hui. La pratiquer reviendrait à valider le faisceau de toutes ces anciennes lois et nous éloignerait de la liberté apportée par le Christ.

  • Une preuve de la nuance à apporter ? On pratiquait la circoncision avant la Loi et pourtant nous ne circoncisons plus les enfants...
  • Jésus n'est pas venu abolir la Loi mais l'accomplir.
  • Il faut distinguer le type de lois. Il en existait trois : Les lois morales, sociales et cérémonielles

Les lois morale (Exode 20) sont graver dans notre coeur selon la promesses que Dieu avait faites, elles sont dans notre conscience.

Les lois sociales (Exode 21) concernent l'état d'Israël seulement, elle sont là pour le bon fonctionnement de l'état.

Et les lois cérémonielles, sont les lois relative au culte (Hébreux 9:1-10), celles que Jésus est venu accomplir, et non applicable pour les chrétiens car il n'y a plus de sacrificateurs ni de temple.

Les dîmes faisaient parties des lois cérémonielles car relative au temple et a son service et ne sont donc plus d'actualité pour les chrétiens.

Et ni Jésus ni aucun des apôtres n'a prêché la dîme (Même pas Paul, pourtant docteur de la Loi).

Et cela n'était pratiqué à l'origine dans l'église primitive.

Sources