Edit de Nantes

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En France, le protestantisme rencontre très vite l'opposition du pouvoir royal. Les premières persécutions ont lieu en 1534. Après l'échec du colloque de Poissy, en 1561, catholiques et protestants s'affrontent dans des combats meurtriers.

Après 36 ans d'affrontements, Henri IV signe le 30 Mars 1598 l'Edit de Nantes qui rétablit la paix religieuse en France. Pour ce faire, l'ancien chef du parti protestant a dû s'imposer comme l'héritier légitime de la couronne (1589), se convertir au catholicisme (1593) et négocier pied à pied avec les camps en présence.

Le roi Henri IV a mis fin aux guerres de religion, qui dévastaient la France depuis 1562, par la signature d'un édit qui accorde aux protestants la liberté de conscience. La liberté de culte est limitée aux lieux où elle s'exerçait déjà, plus une localité par bailliage et aux Églises de fiefs (résidences de seigneuries).

Les 92 articles de l'Edit(complétés par de multiples articles particuliers) reprennent l'essentiel des dispositions d'Edits antérieurs promulgués au fil de trêves sans lendemain. D'un côté, l'Edit reconnaît l'existence de la "Religion Prétendue Réformée" - qui n'est plus une hérésie promise au bûcher - avec une liberté de culte limitée mais assortie de garanties militaires et judiciaires. D'un autre côté, la suprématie du catholicisme est rétablie dans tous ses aspects : l'Edit fige la situation minoritaire du protestantisme, sanctionnant à jamais l'échec historique du passage de la France à la Réforme. Un tel compromis ne put être accepté que parce qu'il rétablissait l'unité et l'indépendance du royaume menacées par l'Espagne sans oublier la sécurité retrouvée".

Les protestants doivent payer les dîmes. Mais ils ont accès à tous les emplois publics. Des "articles secrets" et un brevet assurent aux protestants la possession d'un certain nombre de places de sûreté, le droit de tenir des assemblées « politiques» et le financement de leurs ministres. Comme les parlements, à l'instar de ceux de Paris et d'Aix-en-Provence, refusaient d'entériner l'édit, Henri IV le leur a imposé par lit de justice. L'application de l'Édit a suscité des conflits, quelquefois graves, comme en Aquitaine, où les protestants ont été l'objet de pillages, d'incendies et de massacres.

Révocation de l'Édit de Nantes

L'Édit de Fontainebleau de Louis XIV (octobre 1685) révoque l'Édit de Nantes.

Le culte public protestant est entièrement interdit dans toute l'étendue du Royaume, sauf en Alsace où cet édit n'a jamais été en vigueur, car il contredisait aux clauses des traités de Westphalie. Tous les temples sont détruits sur ordre, en particulier celui de Charenton près de Paris. Les pasteurs ont quinze jours pour choisir entre l'abjuration et l'exil. Tous les enfants doivent désormais être baptisés et élevés dans la religion catholique. Le droit à l'émigration est refusé, ce qui n'empêche pas le départ d'environ 200 000 huguenots vers les Provinces-Unies, l'Angleterre, l'Allemagne ou la Suisse. Les biens des partants sont confisqués. Il est interdit aux protestants français de venir s'installer en Alsace.

La Révocation a entraîné la guerre des Camisards dans les Cévennes (1702-1705). Les persécutions et les condamnations aux galères et à mort, qui frappaient surtout les pasteurs, se sont poursuivies jusque vers 1760. La répression a été spécialement sévère dans le Dauphiné. A Lyon, l'archevêque, qui avait jusqu'en 1685 réussi à s'opposer aux dragonnades, a convaincu les pasteurs de proclamer une conversion en masse, ce qui a fait entrer les protestants dans une clandestinité protégée localement. La réapparition officielle du protestantisme à Lyon s'est faite après 1770 avec l'installation de Joseph Priestley, pasteur, chimiste et physicien anglais, connu dans le monde scientifique par sa découverte de l'azote.

Voir aussi

Bibliographie

  • Protestants d'Alsace et de Moselle : lieux de mémoire et de vie / sous la dir. d'Antoine Pfeiffer.- Ingersheim : Saep ; Strasbourg : Oberlin, 2006

Source

Voir aussi la notice illustrée du Musée Virtuel du Protestantisme français