Faculté libre de théologie réformée

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L'ancienne faculté

Dans les années Quarante, Cinquante et au début des années Soixante, il y eut à Aix-en-Provence la Faculté de théologie protestante des Églises réformées évangéliques indépendantes. Cette Faculté vit de 1948 à 1962, ses professeurs anciens ou nouveaux la quitter, en suite de désaccords théologiques et/ou, parfois de questions personnelles.Le pasteur Pierre Verseils, nommé, faute de doyen, vice-doyen, va maintenir quelque vie à la Faculté, en assurant, avec l'aide de quelques professeurs venant du dehors, un minimum de cours à deux ou trois étudiants, et en organisant des rencontres ainsi que des sessions de « recyclage » théologique pour pasteurs et fidèles.

En 1967, avec le départ de P. Verseils bien découragé, c'est apparemment la fin de la Faculté protestante d'Aix. Si, de facto, il n'y a plus de Faculté, vont subsister « l'Association cultuelle pour l'entretien » et le « conseil » de la Faculté. De jure, la Faculté existe toujours. Et la propriété et les bâtiments de la Faculté demeurent.

Des pasteurs et laïcs des E.R.E.I., tels les pasteurs Jean Bordreuil, Pierre Guelfucci, André Tholozan, l'amiral Sap, le procureur général Vercier et bien d'autres, sont douloureusement éprouvés tant par le désordre doctrinal qui se développe en leur sein que par la « fin » de leur Faculté. A côté des pasteurs « réformés évangéliques » authentiques, ont été progressivement nommés dans les paroisses, pour boucher les trous dus à la mort ou à la mise à la retraite de pasteurs, des pasteurs non réformés venus de milieux évangéliques, n'ayant parfois pas fait d'études de théologie.

Origines de la nouvelle faculté

Tant et si bien que, dès 1967, le pasteur André Tholozan, président de la Commission permanente des E.R.E.I., écrit à M. Eugène Boyer, alors pasteur, après son père, d'une Église à York, en Pennsylvanie, pour lui demander d'aider à la réorganisation de la Faculté d'Aix en trouvant, aux États-Unis, des professeurs « calvinistes » introuvables en France.

E. Boyer ne répond pas.Au début de 1968, E. Boyer, se rendant de Philadelphie à Détroit, rencontre inopinément , dans un taxi les conduisant de l'aéroport de Détroit à la ville, le professeur Edmund Clowney, du Séminaire réformé de Westminster à Philadelphie. Ils ne s'étaient encore jamais vus. E. Boyer, qui ne connaissait pas de professeurs calvinistes et ignorait jusqu'à l'existence du Westminster Seminary, rencontre un professeur calviniste, co-formateur de professeurs calvinistes, qui, de surcroît, aime la France et connaît l'histoire du protestantisme dans notre pays. Une demi-heure d'échanges passionnés s'ensuivit.

La même année, le Docteur Clowney, venu en France, va donc visiter la Faculté d'Aix. Les bâtiments de celle-ci ont été utilisés à des activités mal définies qui n'ont pas peu contribué à la détérioration des locaux. Au cours du même voyage, E. Clowney, sur l'invitation d'A. Tholozan, se rend à une rencontre pastorale E.R.E.I. La diversité doctrinale incroyable des pasteurs présents corrobore l'inquiétude toujours croissante de M. Tholozan.

En cette fin de la même année 1969, M. Pierre Filhol, nommé intendant universitaire à Aix-en-Provence, arrive dans cette ville, avec sa femme, Renée. M. et Mme Filhol avaient déjà habité Aix de 1963 à 1966. P. Filhol avait été alors conseiller presbytéral de l'Église réformée évangélique, mais ni lui, ni Renée, n'avaient eu de rapports avec la Faculté.

A l'automne 1969, Eugène et Charlotte Boyer - lui est salarié par une «Mission » américaine - arrivent à Aix. Charlotte Boyer, arrivée la première dans un appartement de la Faculté qu'ils vont occuper pendant dix ans, est désolée par l'état lamentable des lieux.

Bien vite, les Filhol, qui avaient connu l'évangéliste E. Boyer lors d'une mission d'évangélisation à Toulouse en 1957, vont faire équipe avec les Boyer. P. Filhol, devenu membre du « conseil de Faculté », va fermement appuyer le ministère d'E. Boyer. Renée Filhol et Charlotte Boyer vont faire, elles, un gros travail de nettoiement et de remise en ordre des locaux.

En 1971, au cours d'un voyage aux États-Unis, E. Boyer, aidé et conseillé par le Docteur Clowney, cherche des professeurs calvinistes pour Aix. S'il essuie un refus courtois de William Edgar, alors aumônier d'artistes, il rencontre pour la première fois deux étudiants anglais, Paul Wells, alors en deuxième année d'études au Westminster Seminary, et Peter Jones, qui achève son doctorat en théologie à Princeton et va devenir le gendre de Clowney.

Début de la nouvelle faculté

Sous l'impulsion d'Eugène Boyer et de Pierre Filhol, s'organisent, dès 1971, des « cours décentralisés » de théologie à Aix, et aussi à Marseille et à Nîmes (il y en aura plus tard à Alès). Enseignent ces cours, en dogmatique Bill Clark (des éditions calvinistes « Grâce et Vérité ») ; en Ancien Testament, le pasteur Émile Nicole ; en théologie pratique, Eugène Boyer; en histoire et sociologie, François Gonin, pasteur alors de l'Église réformée évangélique à Aix, qui va, lui aussi, jouer un grand rôle dans l'établissement de la Faculté réformée.

Le 6 février 1971, Pierre Filhol était devenu président du conseil de Faculté, et, lors d'une réunion entre représentants de la commission académique des E.R.E.I. et membres du comité directeur de l'association cultuelle propriétaire des locaux de la Faculté (y viennent, entre autres, Pierre Filhol, Eugène Boyer et les pasteurs Guelfucci, Longeiret et Tholozan), une reprise de la Faculté est envisagée ... si l'on trouve les professeurs calvinistes nécessaires !

Eugène Boyer et Pierre Filhol, ces deux « pères » de la prochaine Faculté réformée, vont être rejoints, en 1972, par le troisième « père » : Paul Wells.

Pendant tout ce temps préparatoire, des groupes aînés et cadets de réformés-confessants font leur apparition dans les Églises réformées (E.R.F.).

Lorsque Paul Wells, ayant obtenu sa maîtrise au Westminster Seminary, se décide à « aller voir » la Faculté, à Aix , il rencontre, en gare de Marseille, Bill Clark. C'est lui qui conduira à Aix, en voiture, Paul Wells. Il n'était pas possible de refaire une Faculté des seules E.R.E.I. Il n'était pas possible d'ignorer qu'il y avait des calvinistes, des réformés confessants dans l'E.R.F., à commencer par le fils spirituel de Lecerf, Pierre Marcel, animateur de La Revue Réformée, lequel se battait, depuis avant la IIe Guerre mondiale, pour la Foi réformée, et avait une audience et renommée internationales, en particulier aux Pays-Bas et dans les pays anglo-saxons.

Paul Wells et sa femme Alison vont finalement décider, à l'appel pour une année, puis trois ans plus tard, à l'appel définitif du conseil de Faculté, de rester à Aix. E. Boyer et P. Wells, efficacement aidés par Mme Jean Vercier, vont commencer alors par reclasser et réinstaller la bibliothèque et procurer à celle-ci de nouveaux ouvrages indispensables. Ils vont, avec Pierre Filhol, passer l'année 1972-73 à convaincre les dirigeants des E.R.E.I. de la nécessité d'une Faculté « autonome » par rapport à leur Union d'Églises, et à trouver les professeurs qu'il faut pour cette Faculté, tout en poursuivant et développant les « cours décentralisés » auxquels viennent des pasteurs, des conseillers presbytéraux et des fidèles.

Au Synode national et général des E.R.E.I., tenu à Ganges en Mai 1973, Pierre Filhol, au cours du rapport sur la Faculté dont il était chargé, déclara nettement que la structure autonome de la Faculté devait être confortée pour que celle-ci : « apparaisse comme une unité d'enseignement originale et accueillante, au service de tous ceux qui se rattachent au même courant théologique réformé... (La) discipline (concernant l'homogénéité de l'équipe professorale) évitera, me semble-t-il, les errements anciens qui résultèrent de la coexistence, difficilement vécue, de divers courants théologiques au sein du corps professoral ». C'est seulement le Synode national tenu à Saint-Christol-lez-Alès, en avril 1974, à la suite d’un nouveau rapport de P. Filhol, qui fit le choix d'accepter l’autonomie de la Faculté réformée.


A la rentrée académique de 1973, un an avant l'ouverture officielle de la Faculté libre de théologie réformée d'Aix-en-Provence, il y eut « une rentrée avant la rentrée » de quatre ou cinq étudiants. Paul Wells enseigne à la fois l'hébreu, le grec et la dogmatique. François Gonin enseigne l'histoire et Eugène Boyer la théologie pratique. Peter Jones, docteur en théologie de Princeton, maintenant arrivé avec sa femme Rébecca, n'enseigne pas encore, mais commence à préparer ses cours à venir, tout en apprenant le français.

Au printemps 1973, Paul Wells était déjà venu à Paris pour rencontrer Pierre Marcel et moi-même. Pierre Marcel, trop atteint dans sa santé, ne pouvait accepter d'aller faire des cours à Aix, mais, par ses conseils et son esprit organisateur, il contribuera à la rédaction équilibrée des statuts de la nouvelle Faculté réformée.

Pierre Courthial rejoint la Faculté en juin 1974.

La Faculté d’Aix fut solennellement inaugurée les 13 et 14 octobre 1974.


Administration

  • Adresse :33 avenue Jules Ferry 13100 Aix en Provence

Professeurs

  • Michel Johner : éthique
  • Donald Cobb : Nouveau Testament et grec
  • Pierre Berthoud:Ancien Testament, Apologétique
  • Frédéric Hammann : théologie pratique
  • Paul Wells : Théologie Systématique
  • Ron Bergey: Ancien Testament et hébreu

Articles connexes


Liens externes

Bibliographie

Sources