Grands principes du protestantisme

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Les Protestants sont des chrétiens qui se reconnaissent dans les affirmations centrales de la Réforme du XVIème siècle, qu'on peut résumer dans les principes suivants, et qui sont compatibles avec les credos de l'Eglise primitive (du 2ème au 5ème siècle, notamment le Symbole des Apôtres et le Symbole de Nicée-Constantinople).


Les deux grands principes

La forme : par la Bible seule

Par la Bible seule (sola scriptura)
La Bible (Ancien et Nouveau Testaments) est l'autorité souveraine en matière de foi et de vie. L'intelligence de son message, aidée par les moyens de la raison humaine, est d'abord l'œuvre du Saint-Esprit dans le lecteur et dans l'Eglise. Pour le centre du message biblique : voir le point suivant.

Le contenu : le salut par la foi seule

Par la foi seule (sola fide)
La foi naît de la rencontre de l'être humain avec Dieu. Elle peut être l'issue - ou aussi le début - d'un chemin difficile mais jamais inaccessible.

  • En Christ seul (solo christo)
    La foi n'est donc pas une œuvre, mais la communion avec Dieu en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.
  • Par la grâce seule (sola gratia)
    Cela s'accomplit à l'initiative de Dieu : la grâce est l'amour gratuit et originel de Dieu pour l'humanité, pleinement accompli et manifesté en Jésus-Christ. Indépendamment de ses mérites, l'être humain est déjà sauvé dans la foi en lui. Cette confiance de Dieu le rend responsable. Ainsi aimé, l'homme est apte à aimer son prochain.


D'autres principes qui en découlent

  • À Dieu seul la gloire (soli deo gloria)
    Rien n'est sacré ou absolu en dehors de Dieu unique et créateur : tout le reste est créature dont l'être humain a été libéré en Christ. Les Protestants contestent ainsi le caractère absolu de toute entreprise humaine. Au nom d'un Dieu de parole et de libération, ils proclament la liberté de conscience de tous les êtres humains.
  • Des Eglises toujours à réformer (ecclesia semper reformanda)
    Les Eglises rassemblent, par la prédication, le baptême et la Cène, tous ceux qui se reconnaissent dans le Dieu de Jésus-Christ. Elles ne servent pas d'intermédiaires entre les fidèles et Dieu (il n'y a pas de prêtres). Elles non plus ne sont ni sacrées ni absolues. Communautés humaines, elles évoluent sans cesse au rythme de l'humanité et doivent toujours se confronter à nouveau à la Parole de Dieu à travers leur lecture de la Bible.
  • Le sacerdoce universel des croyants
    La prêtrise du Christ est unique et non transmissible, sinon à tous. Chaque baptisé a sa propre place dans l'Eglise, qu'il soit laïc ou pasteur ; ce dernier n'est pas un personnage au-dessus des autres, ni plus près de Dieu, mais celui ou celle à qui sa vocation et sa formation théologique permettent d'animer la communauté par la Parole de Dieu. Le témoignage de la foi et de l'engagement dans le monde est donc la mission de tous les membres de l'Eglise.


Les nuances apportées par les différents courants théologiques

Le protestantisme libéral tend à rejeter toute formulation doctrinale trop contraignante. Il affirme « la primauté de la foi sur les doctrines », et ne se reconnaîtrait pas dans certaines des formulations ci-dessus.

Le protestantisme évangélique considère la Bible elle-même comme étant la Parole de Dieu, en chacune de ses parties (tota scriptura). Cela modifie aussi certaines des articulations et expressions de foi ci-dessus.


Bibliographie

  • André Gounelle, Protestantisme. Les grands principes, Lyon, Les Bergers et les Mages, 1994, 2004², ISBN 2-85304-189-1
  • Société des Amis du Musée Calvin de Noyon, Parlez-vous franco-protestant ?