Haguenau, paroisse luthérienne

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Paroisse luthérienne de Haguenau
France France
  • Dénomination : Luthérienne
  • Membre de : Eglise Protestante de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (EPCAAL)
  • Inspection de : Brumath
  • Consistoire de : Bischwiller
Lieu de culte
  • Ville : Haguenau
  • Adresse : 42 rue Capito
  • Coordonnées géographiques : 48°48'44" N, 7°47'34" E
Contacts



Présentation

Paroisse luthérienne de Haguenau, 42 rue Capito 67500 Haguenau

La paroisse luthérienne Haguenau est membre de

  • l'EPCAAL (Eglise Protestante de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine)
  • elle-même membre de l'UEPAL (Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine).


Lieux de culte

  • Haguenau, place Albert Schweitzer

Historique

  • HAGUENAU

Il y a bien sûr en forêt de Haguenau les traces d'un ermite, saint Arbogast, qui devient vers 550 l'évêque illustre de Strasbourg, mais la ville elle-même se développe surtout autour du grand château impérial construit par l'empereur Frédéric 1er Barberousse qui, en 1164, la dote de privilèges étendus.

L'ancien sceau de la cité de Haguenau, représentant la Pfalz, château impérial édifié en 1164. C'est d'ailleurs de Haguenau que l'empereur part pour la troisième croisade, dont il ne devait jamais revenir. Au cours des siècles, la ville connaît toutes les vicissitudes d'une histoire mouvementée, avec son lot de guerres et de destructions jusqu'en 1945 (incendies en 1677 et 1678), mais aussi des périodes de paix et de prospérité. Ainsi, le bailli Woelfelin de Haguenau administre d'une main ferme et énergique sa ville au Moyen Âge, et Reinmar le Vieux, sumommé «le Rossignol de Haguenau », chante la beauté de la cité et le bonheur d'y vivre. Haguenau deviendra la principale ville de la Décapole*, ligue de dix villes impériales d'Alsace. Les vestiges de cette période sont nombreux, mais les plus belles constructions conservées datent du 18e siècle, surtout celles qui ornent l'un des côtés de la place d'Armes.

L'imprimerie se développa à Haguenau grâce à Heinrich Gran qui publia des œuvres théologiques, mais aussi les fameuses «Epistolae obscurorum virorum» (les Lettres des hommes obscurs) et, grâce à Thomas Anshelm qui, à partir de 1510, édita des auteurs classiques, puis les écrits de Luther* et d'autres réformateurs. Wolfgang Kopfel (latinisé Capito), né à Haguenau, influencé par ces écrits, fut d'abord prédicateur à la cathédrale de Bâle; en 1523, il s'installa à Strasbourg pour annoncer le «pur Évangile ». Capito put également fonder dans sa ville natale une petite communauté protestante.

En 1540 eut lieu un colloque qui devait résoudre les litiges religieux. Ce colloque, le premier du genre, était présidé par le roi Ferdinand d'Autriche, frère de Charles Quint. Les principaux réformateurs de Strasbourg, entre autres Jean Calvin*, y assistèrent. Cependant, l'influence de Jérôme Guebwiller, recteur de l'école latine de la ville, empêcha le développement de ce mouvement. Au cours de la seconde moitié du 16e siècle seulement, la Réforme gagna le magistrat qui fit venir des prédicateurs protestants, tel Jakob Andreae en 1566, prédicateur luthérien à la cour du duc de Wurtemberg et chancelier de l'université de Tübingen. De longues querelles religieuses s'en suivirent, mais, au début du 17e siècle, les catholiques, qui avaient toujours gardé la majorité au sein de la bourgeoisie, l'emportèrent de nouveau, à la suite de fortes pressions de la part des Jésuites qui y fondèrent un collège en 1604. Suite à cet échec, la Réforme ne put jamais prendre racine à Haguenau, qui resta une ville de confession catholique-romaine.

Ce n'est qu'à la Révolution que les protestants reçoivent le droit de cité. À l'inverse de celles de Bischwiller, la paroisse de Haguenau est de création récente. La communauté protestante, très minoritaire, s'y développe modérément. En 1860, elle inaugure son premier lieu de culte, l'actuelle salle Capiton, après une longue résistance du conseil municipal, encouragée par l'abbé Victor Guerber. Elle va connaître un essor décisif après 1870, avec la création d'une paroisse de langue allemande et l'arrivée massive de familles d'officiers et de fonctionnaires de l'Allemagne du Nord, en majorité luthériens. C'est de cette époque wilhelminienne que date la spacieuse église néogothique actuelle, située en face du Musée historique, place A Schweitzer. Construite en 1895 sur un plan asymétrique, la distribution des espaces répond aux besoins d'une communauté nombreuse. La nef centrale en berceau brisé s'ouvre au Nord par des arcades sur un collatéral avec tribune et, au Sud, est aménagée une étroite coursière en encorbellement. Le chœur à pans coupés, voûté d'ogives, est flanqué de deux sacristies et une tourelle d'escalier.

Après 1918, et à la suite du départ des Allemands, cette paroisse du chef-lieu de l'arrondissement retrouve une taille plus modeste et s'intègre progressivement à la cité qui, actuellement, compte une population de presque 30 000 habitants, dont à peu près 2 800 de confession protestante.

Dans l'ancien presbytère, rue de la Redoute, la Casa offre aux nombreux lycéens de Haguenau un lieu d'accueil et d'accompagnement: activités cultuelles et bibliques, culturelles et sportives, écoute et échanges ... Le travail d'aumônerie de lycées qui a débuté en 1976 a abouti en 1987 à la création de ce lieu, animé par un permanent, aumônier des quatre lycées de la ville.

La maison de cure Château Walk. Sous l'impulsion du pasteur Henri Birmelé, alors président de la SEMIS (Société Évangélique de Mission Intérieure de Strasbourg), et membre de la Croix-Bleue, la première maison de cure pour alcooliques a été créée en France en 1932 par l'achat du Château Walk, situé dans un parc d'une vingtaine d'hectares à la lisière de la forêt de Haguenau. Depuis, tout en se restructurant et en s'adaptant aux évolutions des mentalités, sa mission est restée la même : guérir par des méthodes thérapeutiques et grâce à l'Évangile, puissance capable de libérer l'homme du piège de l'alcool et de faire de lui une nouvelle créature, ceux qui souffrent de cette maladie et qui désirent en être libérés. Les mots dans l'entrée de la maison: «Veux-tu être guéri ?» restent d'actualité. Le Château Walk est ouvert à quiconque souffre de l'alcoolisme ; 55 pensionnaires y sont soignés et accompagnés pour apprendre à vivre sans cette dépendance qui ruine le malade et sa famille.


Personnalité

Wolfgang Fabricius Capiton. Wolfgang Kopfel nait vers 1478 à Haguenau. Il étudie d'abord la médecine, puis le droit à Fribourg en Brisgau et se dirige finalement vers la théologie. En 1514, on le trouve professeur et prédicateur à Bâle sous le nom latinisé de Capito. Il se détoume progressivement de la scolastique classique en usage pour se consacrer entièrement à la recherche de l'enseignement évangélique. En 1523, il est appelé à Strasbourg, où il se marie et s'engage définitivement pour la cause de la Réforme. Il essayera aussi de l'introduire dans sa ville natale, Haguenau, où sa tentative échouera. Avec Martin Bucer il rédige la «Confessio Tetrapolitana »*, signée par les villes de Strasbourg, Constance, Lindau et Memmingen. La «Confessio Augsburgana », Confession d'Augsbourg, base de l'Église luthérienne en Alsace, s'en est inspirée. Aussi tolérant, sinon davantage, que Bucer, il le seconde dans sa tâche et dans ses efforts de réconciliation entre luthériens et réformés, en désaccord sur le sacrement de la sainte cène. La Concorde de Wittenberg (essai d'un accord à ce sujet) est, entre autres, son œuvre. Son spiritualisme trouvera par la suite un écho dans le piétisme*. Il meurt en 1541.


Source : Protestants d'Alsace et de Moselle. Lieux de mémoire et de vie. Ed Oberlin/saep

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