Homosexualité

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Eglises protestantes et homosexualité

La sexualité humaine est un don du Dieu d’amour, don que tous sont appelés à accueillir, à respecter et à vivre avec reconnaissance. La sexualité comprise au sens large, à savoir dans sa dimension relationnelle porteuse de plaisir et de joie de vivre, est un moyen puissant d’expression de la profondeur de l’amour et de l’intimité humains.

La Bible et la tradition chrétienne nous apprennent que la sexualité humaine trouve sa juste et pleine expression dans l’alliance du couple "crée mâle et femelle". Or nous constatons à travers tous les temps et toutes les civilisations qu’il y a des hommes et des femmes qui ont une orientation homosexuelle (à laquelle leur identité de personnes ne peut être réduite !). Ceci est un fait, et nombre d’entre eux sont chrétiens, membres de l’Eglise à qui ils demandent accueil et place. Les Eglises protestantes, dans leur grande majorité, ont mis fin à la discrimination envers les personnes homosexuelles en ce qui concerne l’accompagnement pastoral et l’accueil dans la communauté chrétienne, mais ce travail d’acceptation du "vivre autrement" est loin d’être terminé dans les mentalités et les communautés de base.

En effet, les attitudes envers les personnes homosexuelles dépendent d’opinions très diverses dans le monde protestant :

  • il y a ceux qui pensent que l’orientation homosexuelle est un désordre, une quasi maladie.. Cependant, par la thérapie, la guérison spirituelle et par la grâce du Christ elle peut être guérie, non sans souffrance et sans lutte.
  • il y a ceux qui estiment que les relations entre des personnes du même sexe ne doivent pas inclure de relations physiques, car tel serait l’enseignement explicite de la Bible et de l’Eglise, et qu’une telle activité, sans repentance, constitue une barrière au Royaume de Dieu.
  • il y a ceux qui pensent que, si des relations homosexuelles dans un engagement mutuel sont en deçà de la norme biblique, elles sont toutefois préférables à des relations anonymes et passagères qui instrumentalisent l’autre en objet de satisfaction sexuelle.
  • il y a ceux qui pensent que l’Eglise devrait accepter, accompagner voire bénir les relations entre homosexuels qui désirent s’inscrire dans un engagement monogame durable, et que ceux-ci pourraient, par ailleurs, être ordonnés.

Il apparaît cependant que la majorité des Eglises protestantes d’Europe ne sont pas prêtes à bénir des unions entre personnes du même sexe, ni à ordonner des homosexuels qui pratiquent et revendiquent publiquement leur homosexualité, bien que des exceptions militantes aient eu lieu, bruyamment médiatisées.Ce qui est sûr, c’est que le débat n’est pas clos, ni dans les Eglises, ni dans la société, et l’actualité du PACS le montre clairement.

Les Eglises protestantes sont d’accord pour dire à partir de la Bible, que ce qui compte avant tout, c’est l’amour entre les humains, indépendamment de leur sexualité. Mais cela ne suffit pas à faire admettre comme équivalentes deux formes de relations (hétéro et homo) où structurellement et symboliquement, la différence ne joue pas le même rôle. En ce sens la question homosexuelle ne se réduit pas à la vie privée et aux rapports individuels, mais elle est sociale et collective. Elle a à voir avec la façon dont une société se perçoit et se construit, et des symboles dont elle marque le champ de son identité : la différence des sexes en est un des piliers.

Source

  • Gérard KRIEGER.
Pasteur et thérapeute de couples.
  • Documents utilisés :
    • L’homosexualité : éléments de réflexion. FPF.94.
    • Conférence de Lambeth 98.