Martin Bucer

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Martin Bucer

Né à Sélestat en 1491, Martin Bucer entre en 1506 au couvent des dominicains de cette même ville afin d'y faire des études. En 1517, il est envoyé par ses supérieurs chez les dominicains de Heidelberg et y fréquente l'université . Il y rencontre Martin Luther. Convaincu par la Réforme de Wittenberg, il quitte son ordre en 1521. De Rome, il obtient la dispense de ses vœux monastiques et devient prêtre séculier.

Suite à son mariage la même année avec une ancienne moniale, il est excommunié. Sa fuite devant les autorités de Spire (ville allemande sur le Rhin) le conduit à Wissembourg (petite ville impériale du nord de l'Alsace) où il prêche la réforme luthérienne. Puis il se réfugie en 1523 à Strasbourg. Réussissant à y abolir la messe (1529), il réforme la ville jusqu'en 1549. Il tente d'y instituer des petites communautés confessantes dans les grandes paroisses multitudinistes.

Ses réformes laissent peu à peu la place au luthéranisme strict. Sur ordre de Charles Quint et de l'évêque de la ville, il doit quitter Strasbourg. Il trouve alors refuge à Cambridge où il enseigne jusqu'à la fin de sa vie (1551) et contribue à consolider la réforme dans le royaume d'Angleterre.

Voir aussi la notice illustrée du Musée Virtuel du Protestantisme français

Son Œuvre

C'est en 1521 que Bucer quitte l'ordre des dominicains. Très vite, il se marie (1522). Comme cadeau de mariage, il reçoit… une excommunication ! En 1523, il se réfugie en effet à Strasbourg.

A Strasbourg

Là, il rencontre Matthieu Zell, W. Capiton, John Knox, G. Hedion. Pendant 20 ans, il travaille à Strasbourg. Il est doué, travailleur et diplomate. C'est comme cela que Bucer est devenu le plus grand homme d'Etat parmi les réformateurs. En 1529, c’est le colloque de Marbourg. Bucer y est présent. C'est à cette date que son activité diplomatique commence. Il avait un charisme pour l'organisation ecclésiastique. Il influencera un humaniste récemment converti aux idées de la réforme : Jean Calvin. Entre 1538 et 1541, Calvin apprend son métier de réformateur auprès de Martin Bucer. C'est une inspiration directe. Pendant cette période Philippe Ier de Hesse devient un ami proche de Bucer. Philippe veut épouser une autre femme ; et parvient, grâce à cette amitié, à justifier sa bigamie dans la religion. Les magistrats limitaient la portée des réformateurs. Ils ne veulent pas prendre les responsabilités chrétiennes selon l'idée théocratique de Bucer. Bucer aura quelques problèmes avec les anabaptistes réfugiés. C'est lui qui répondra à ce problème en renforçant la doctrine et la structure. Par cet acte il suscitera le désir des anabaptistes de revenir aux idées de la Réforme ; notamment en parlant de la décision personnelle et du rôle de la confirmation.

En Europe

Bucer recherche l'unité des protestants dans l'Europe. Il tente de rapprocher les Luthériens et les Zwingliens. Il adopte l'interprétation symbolique de Zwingli concernant la cène. Il parle simplement d'une controverse sémantique. Il prend une position moyenne afin de les unir, cependant cela ne marchera pas. Après quoi Bucer œuvre sur un autre plan. 1539-40-41. Il fait des efforts pour trouver un terrain d'entente avec l'Eglise romaine. Comme Melanchton, il y a toute une série de conférence entre Catholiques et Protestants (Leipzig en 1539, Worms, Haguenau et Regensburgen en 1540. A Regensburg les accords sont très proches d'une justification par la Foi seule. L'échec est dû à des raisons politiques. Les pressions entre l'Empire germanique et la France font que Bucer devient indésiré à Strasbourg.

En Angleterre

Bucer est nommé professeur royal à Cambridge. 1548 voit la parution du livre The Book of Common Prayer, auquel il participe comme inspirateur et correcteur. Il écrit également pour Edouard VI De Regno Christi (« à propos du règne du Christ »).

Il y meurt en 1551.

Conclusion

Bucer mettait l'accent sur l'importance de l'amour et du service dans l'Eglise, l'ordre et la sainteté personnelle. C'est un commentateur biblique très profond. Il donna l'inspiration à Calvin dans ce domaine. Il est un humaniste, un théologien pastoral et un "iréniste" zélé qui savait prendre des risques.