Moselle (Est)

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En Moselle-Est, le protestantisme ne remonte qu'aux 19ème et 20ème siècles. Et pourtant, il a déjà une histoire marquée par des monuments représentatifs, des personnalités attachantes, des communautés vivantes. Le tout dans un paysage de collines sèches, des forêts de la Warndt, des collines de la Sarre et de ses affluents.

Un protestantisme fortement combattu

Au temps de la Réforme du 16ème siècle, les idées nouvelles atteignirent aussi la Lorraine, mais les deux pôles de pouvoirs, l'évêché de Metz et le duc de Lorraine s'en défendirent avec énergie. Rappelons que, à la demande de l'évêque de Strasbourg et du grand-bailli de Haguenau, le duc Antoine de Lorraine fit en 1525 une descente en Alsace pour mater les paysans révoltés ; il en massacra 18 000 à Saverne et 5 000 à Scherwiller.

Soit dit en passant, il rendit aussi service aux villes et bourgs alsaciens, dont les bourgeois avaient bien des sympathies pour les idées luthériennes, mais qui craignaient aussi les dérives de violence et les bouleversements sociaux qu'animaient la révolte des paysans. Quoi qu'il en soit des responsabilités de chaque partie, la Lorraine était considérée depuis comme hostile aux idées de la Réforme. Ajoutons à cela l'asphyxie du protestantisme huguenot à Metz, en préparation et à la suite de la Révocation de l'Edit de Nantes en 1685 et l'on comprendra que le protestantisme dut attendre d'autres temps - avancée des idées de tolérance, déplacements des populations dus à l'industrialisation - pour renaître dans ces contrées.

L'implantation des idées protestantes

La toute première église protestante de Sarreguemines a été construite en 1844 sous l'égide d'une Irlandaise. Par la suite se sont constituées d'autres communautés protestantes épousant toujours les avancées successives des activités industrielles de cette mini-région frontalière : faïence, charbon et fer, industrie automobile. Pour la plupart de ces fondations récentes, il faut souligner les gros efforts de solidarité faits par la Société d'évangélisation de Strasbourg, née en 1842 avec J.F. Bruch pour le soutien des disséminés dans les départements de l'Est, ainsi que par le "Gustav Adolf-Werk JO", fondé à Leipzig également en 1842. La première de ces œuvres s'intégra dans la seconde, et nos communautés mosellanes doivent une fière chandelle à ce soutien, récurrent, jusqu'aujourd'hui.

Situation actuelle

Le consistoire luthérien de Sarreguemines comprend 7 paroisses et 8 921 membres inscrits [1]. Il recouvre en gros ce que l'on appelait la Lorraine du charbon, alors que le consistoire réformé de Metz, plus à l'Ouest du département, recouvre la Lorraine sidérurgique. Les paroisses protestantes souffrent actuellement du départ de bien des paroissiens, affectés qu'ils sont par la crise de ces deux industries et les reconversions bien aléatoires.

Les paroisses luthériennes ont un caractère urbain, voire ouvrier affirmé, bien que la nostalgie de la ruralité soit toujours présente dans les soins apportés aux jardins, et qu'il y ait aussi, sous forme de fermes isolées, une vieille implantation ménnonite. L'attirance exercée par l'Alsace est toujours forte, en même temps qu'on y revendique de ne pas être traité en simple appendice septentrional de l'Alsace. On se retrouve dans une identité lorraine de bon aloi, faite de la vigueur du parler local, de la variété des différents apports de population et du caractère urbain du travail et du mode de vie.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Protestants d'Alsace et de Moselle : lieux de mémoire et de vie / sous la dir. d'Antoine Pfeiffer.- Ingersheim : Saep ; Strasbourg : Oberlin, 2006

Notes et références

  1. Chiffres de 2002