Mulhouse, paroisse réformée Saint Jean

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Paroisse Réformée Saint Jean
France France


  • Consistoire de : Mulhouse
Lieu de culte
  • Ville : Mulhouse
  • Adresse : 6 Impasse des Cendres
  • Coordonnées géographiques : 47°44'41" N, 7°20'04" E
Contacts
  • Pasteur(s) : Roos VAN DE KEERE
  • Téléphone : 03.89.56.53.07
  • Mail(s) : ...
  • Site Internet : ...



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Présentation

Paroisse réformée Saint Jean , 6 Impasse des Cendres 68100 Mulhouse

Lieux de culte

  • Mulhouse : St Jean, Rue de la Synagogue


La paroisse réformée Saint Jean est membre de

  • l'EPRAL (Eglise Protestante Réformée d'Alsace et de Lorraine)
  • elle-même membre de l'UEPAL (Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine).


Historique

  • SAINT-JEAN

En 1657, des officiers huguenots* français en garnison à Brisach demandèrent au Conseil de la République de Mulhouse de leur octroyer un lieu propre «pour y faire notre dévotion et participer aux grâces de notre commun maître •. Ainsi fut créée, quatre ans plus tard, une Église réformée de langue française parce que Louis XIV avait interdit l'exercice du culte réformé dans la garnison de Brisach et que le pasteur de cette garnison avait dû quitter son poste sur le champ. En outre, les luthériens de Horbourg et de Riquewihr se montraient à peu près aussi intransigeants que les catholiques à l'égard des réformés.

Grâce à l'influence de la princesse de Wurtemberg, Anne de Châtillon, arrière-petite-fille de l'amiral Coligny, le Conseil de Mulhouse acquiesça à cette demande mais, faute d'argent, ce n'est qu'en 1661 que le projet se concrétisa, grâce à l'appui financier du couple Constantin (l'un des signataires de la requête) et Charlotte de Rocbine venue s'installer à Mulhouse.

Le premier culte en langue française - événement remarquable dans une ville où l'on parlait majoritairement l'allemand - fut célébré au milieu d'une nombreuse assistance, le 27 octobre 1661, sous la présidence d'un pasteur suisse romand. Les circonstances économiques et politiques eurent une influence considérable sur l'évolution ultérieure de cette paroisse de langue exclusivement française.

À l'origine et jusqu'en 1803, les paroissiens se réunirent dans le chœur de l'ancienne église des Franciscains, actuellement église Sainte-Marie. Mais cette église devant être rendue au culte catholique, la paroisse française partagea pendant 32 ans l'église Saint-Étienne avec la paroisse de langue allemande. Un temple fut enfin construit en 1836 (rue de la Synagogue), financé par la ville grâce à la vente des matériaux de démolition de l'ancienne église des Augustins. Pourtant s'en suivirent pendant une trentaine d'années, puis encore au 20e siècle, des déménagements et hébergements réciproques du temple à l'église et inversement, causés par les travaux de construction, d'agrandissement ou de transformation de l'un et l'autre lieu. Les trois cloches, la Foi, l'Espérance et la Charité, sonnèrent pour la première fois pour le culte français en 1924 et, en 1934, le nom d'église française devint celui de temple Saint-Jean. Une dernière interruption des services eut lieu en 1972 pour les travaux nécessités par la mise en place définitive de l'orgue que la paroisse Saint-Étienne avait cédé à la paroisse française lors de la démolition de son église.

De cet orgue construit par Jean-André Silbermann en 1766 il ne restait rien au fil des transformations, sinon le buffet, un seul tuyau et le dossier complet déposé aux archives. La reconstruction fidèle de l'instrument selon les caractéristiques du dossier originel fut décidée et confiée au maître d'orgue Alfred Kern, de Strasbourg, qui réalisa un joyau pour la vie musicale à Mulhouse. De nombreux organistes, et des plus grands, donnent régulièrement des récitals sur cet orgue de trente et un jeux sur trois claviers.

La maison paroissiale (3, Impasse des Cendres), abritant un bureau, le logement du sacristain et deux salles de réunion avec une magnifique collection de Bibles traduites en nombreuses langues et une collection ethnologique, don de missionnaires, fut construite en 1930.

Rappelons que la table de communion vient également de l'église SaintÉtienne. Les relations fraternelles entre les deux paroisses Saint-Étienne et SaintJean sont telles que les cultes communs sont célébrés plusieurs fois par an dans l'un et l'autre temple.

En souvenir de la fondation de cette paroisse huguenote*, l'épitaphe des fondateurs, sculptée en bois et datée de 1666, est fixée au mur face à la chaire:

Cy gisent Constantin de Rocbine Seig. de S. Germain né à Provins capt av service des rois de France Henri IV et Louis XIII avec sa femme Charlotte des Francs lesquels ayant choisi cette ville pour leur dernière habitation ont fait prêcher ici les premiers la parole de Dieu en langue française l'an 1661 et légué une bonne partie de leurs biens à ce que le magistrat avait ordonné pour la continuation ils rendirent leurs âmes à Dieu le mari à l'âge de 90 ans l'an 1665 et la femme l'an 1666.

Quid juvat in terris et honor et spendor et

A quoi servent sur terre l'honneur, la gloire et l'âge,

aetas, bona ubi nulla sedes firma, nec ulla quies ?

Ces choses qui ne connaissent ni durée, ni repos?

Vis sapere hic, qui me jam contemplare sepultum,

Veux-tu savoir ici, toi qui me contemples dans ma tombe,

despice regna soli, suspice regna poli.

méprise les royaumes de la terre, regarde les royaumes du ciel.

MDCLXV


  • Personnalités

Jules Siegfried (1837-1922). Fils d'un négociant cotonnier, il fonde une société au Havre. Député, il fait voter une loi sur les habitations à bon marché. II est le père de l'écrivain André Siegfried.

François Spoerry (1912-1999). Résistant, déporté à Buchenwald, architecte de cités résidentielles à Mulhouse, à PortGrimaud, aux États-Unis, aux Baléares, au Mexique, en Australie, en Suisse aux Caraïbes et à la Guadeloupe, il dresse la Tour de l'Europe d'une hauteur de cent mètres dans le paysage plat de Mulhouse. Sa sœur, Anne-Marie Spoerry (1908-1999), résistante également, internée à Fresnes, est médecin tropical; grâce au pilotage personnel de son avion, elle va soigner les populations éloignées et inaccessibles au Kenya.

Poursuivant l'orientation de ses ancêtres, Jacques-Henry Gros (né en 1911) est aujourd'hui une figure du «protestant humaniste engagé ». Après la Seconde Guerre mondiale, il est le promoteur de l'industrie cotonnière à Mulhouse et participe activement au développement de sa région. Président de la Société industrielle, de la Chambre de commerce et d'industrie, du Conseil économique et social d'Alsace, il est l'un des initiateurs de l'Université de haute-Alsace et de la création de l'aéroport de Bâle-Mulhouse. Passionné de littérature et de poésie, il parle de sa vie, de sa foi et de ses engagements dans ses mémoires publiées en 2004 : «Jacques-Henry Gros: Au fil du siècle - mémoires humanistes d'un chef d'entreprise mulhousien.


Parmi les pasteurs de St. Jean au 20' siècle :

Charles Dombre (1885-1961). Il fut expulsé par les Allemands en 1940 comme son collègue Henri Manen (1900-1975); tous les deux réintégrèrent leurs postes à Saint-Jean dès la fin de l'occupation. Ch. Dombre est l'auteur de contes de Noël et de théâtre d'inspiration biblique; sa veine poétique s'est exprimée dans des textes de psaumes et de cantiques dont une douzaine ont été recueillis dans «Nos cœurs te chantent», comme par exemple «Confie à Dieu ta route ... ».

André Morel (1914-1996). Fils de pasteur, équipier de la Cimade et aumônier au camp de Gurs puis passeur dans la vallée de Chamonix, il a été honoré comme «Juste» par l'État d'Israël. Pasteur à Saint-Jean, il fut, avec son ami, le chanoine Paul Schmitt (1902-1991), le promoteur du dialogue et de manifestations entre catholiques et protestants, puis avec les orthodoxes, les juifs et les musulmans (l'exposition des «Cent livres religieux» concernait cinq confessions), posant par là les jalons qui conduisirent à la création de l'association Bible et Culture.


Bibliographie

Protestants d'Alsace et de Moselle : lieux de mémoire et de vie / sous la dir. d'Antoine Pfeiffer.- Ingersheim : Saep ; Strasbourg : Oberlin, 2006

Site Internet

Présentation du temple Saint-Jean et de ses cloches sur YouTube :

https://www.youtube.com/watch?v=NQF_yCA0ed0

https://www.youtube.com/watch?v=DmIMXJJC5IM

https://www.youtube.com/watch?v=Rp7f-85DF98

https://www.youtube.com/watch?v=7ltXtBD-YvA

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