Prière

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La prière est un dialogue Dieu-Homme. Elle peut prendre trois formes différentes :

  • un remerciement
  • une demande pour soi-même
  • une demande pour quelqu'un d'autre.

Depuis la Réforme, un véritable bouleversement des mentalités a eu lieu. Alors que la prière était considérée comme une oeuvre de piété à accomplir pour s'attirer la faveur de Dieu, le message libérateur de la justification par la Grâce inverse ce mouvement : ce n'est pas parce que le croyant "fait" sa prière que Dieu l'aime, mais parce que Dieu donne son Amour sans condition que la prière peut jaillir. On appelle cela la grâce de Dieu.

En réponse à la Parole de Dieu, l'homme peut parler à son tour. Il se sait autorisé à demander la grâce de Dieu pour lui et les autres après avoir confessé ses péchés et s'être repenti. Néanmoins la prière n'est pas un moyen pour arriver à ses propres fins, et la certitude de l'exaucement ne signifie pas que Dieu se soumet à notre volonté.

Pourquoi prier ?

La prière permet de dire à Dieu que l'on existe, que l'on l'écoute, et que l'on participe à l'avancée de son royaume. Elle permet que la volonté de Dieu, que son Amour, son Règne devienne réalité pour le priant.

La prière tient une large place dans le culte chrétien. Elle s'exprime dans la louange et l'action de grâce, le chant, la confession de foi.

La vie chrétienne ne marque pas d'opposition entre prière et action, puisque toute action est portée dans la prière et que toute prière véritable a une influence directe sur la vie du croyant dans la société. Ainsi, la prière ne se limite pas à des formulations orales mais se prolonge dans le silence, la méditation, l'écoute des autres et du monde.

La prière "Notre Père" nous apprend à demander, en nous placant dans la communion de tous les croyants qui nous précèdent et nous entourent, et nous permet de suppléer à la pauvreté de nos mots personnels.

Prier

A première vue, rien n'est plus facile à définir que cette réalité spirituelle, connue de toutes les religions sous le nom de prière. "Prier, c'est demander de l'aide à Dieu", dit-on souvent.

Au regard de la Bible, cette définition est tout à fait insuffisante. Certes, Dieu ne refuse pas systématiquement les demandes que les circonstances font jaillir du coeur des hommes. Jésus lui-même dit à ses disciples : "Demandez", et il assortit cet ordre de la promesse: "Et l'on (càd Dieu) vous donnera"[1].

Mais la Bible inscrit cette forme de prière dans un ensemble plus vaste. Pour elle, la prière est plus et autre chose qu'une béquille offerte à l'homme pour compenser ses infirmités. Elle est un dialogue avec Dieu - un dialogue dont le Seigneur prend lui-même l'initiative en nous déclarant son amour et sa proximité et en nous les attestant par l'envoi de Jésus Christ et par le don de son Esprit.

La prière, un dialogue ample et divers

Situer la prière dans le cadre des relations du croyant avec son Père céleste lui donne toute son importance. Elle est la mise en pratique constante, la nourriture et la respiration de cette relation fondée sur la foi et sur le baptême. Vous vous demandez : "Est-il vraiment nécessaire de prier, puisque Dieu sait tout ?". Oui, cela est nécessaire, car, de même qu'on voit mal un enfant ne jamais adresser la parole à ses parents, de même on voit mal un chrétien ne jamais adresser la parole à son Dieu. Le dialogue approfondit la relation et entretient l'amour.

Cette manière de voir les choses donne également à la prière toute son ampleur. Prier, c'est, certes, dans un acte de confiance, demander : pour nous, pour les autres, pour le monde, pour nos ennemis, pour l'Eglise... Mais prier, c'est aussi, dans un acte de vérité, avouer nos défaillances et demander pardon. Et c'est également, dans un acte de reconnaissance, trop souvent oublié, dire merci au Seigneur pour ses bienfaits. Et c'est enfin nous tenir tout simplement devant Dieu dans la paix et dans le silence pour l'adorer et pour nous laisser pénétrer par son amour et par sa grandeur. Ceux qui s'aiment ont toujours beaucoup à se dire, mais les silences vécus côte à côte sont également féconds et, si la prière est un entretien avec Dieu, il importe que nous sachions aussi nous taire pour écouter le Seigneur.

La prière, un dialogue régulier

Si la prière est "respiration", si elle est "nourriture", il est évidemment nécessaire de nous y consacrer avec régularité. Il y a, bien sûr, dans la vie, des périodes où l'on prie avec plus de facilité. Mais aucun de nous n'est naturellement porté à prier et c'est pourquoi il importe que nous nous imposions une discipline en découvrant notre rythme personnel de prière et en nous ménageant des temps fixes auxquels nous accorderons autant d'importance qu'à nos autres activités.

Vous dites: "Je suis incapable de trouver les paroles qui conviennent pour m'adresser à Dieu." Mais la prière n'est pas un exercice littéraire. Un simple soupir est aussi une prière. Et, de toute façon, c'est, en définitive, l'Esprit saint lui-même qui met en nous l'esprit et les paroles de la prière (cf. Romains 8, 15-16 & 26-27). Pourquoi, d'ailleurs, les paroles que nous cherchons ne seraient-elles pas des paroles de la Bible que nous reprendrions pour les redire à Dieu. Ou des paroles d'autres croyants, des prières de l'Eglise, que nous ferions nôtres ?

Vous dites : "J'ai peur de l'accoutumance et des vaines redites que Jésus condamne (Matthieu 6,7)... Et puis, je suis si souvent distrait ! ". Ces scrupules vous honorent ; mieux vaut, en effet, être entièrement à ce que l'on fait. Mais pourquoi, paradoxalement, l'habitude ne nous y aiderait-elle pas ? Et pourquoi, par ailleurs, ne transformerions-nous pas en sujets de prière les pensées qui nous distraient ?

La prière, un dialogue confiant

Vous dites, et c'est beaucoup plus sérieux : "Dans la situation où je suis, je n'ai vraiment pas envie de parler à Dieu... s'il existe ! J'ai plutôt envie de crier ma révolte !"

Alors faites-le sans hésiter ! Si Dieu est vraiment notre Père, nous sommes libres de lui dire tout ce que nous avons sur le coeur, et nos questions comme nos protestations les plus passionnées sont aussi des prières, si du moins nous les énonçons sur le mode du dialogue et non dans une attitude de rupture (cf. Matthieu 27,46 et de nombreux Psaumes).

La foi est, bien entendu, le fondement même de la prière (Matthieu 17, 20). Mais tous les croyants connaissent le clair-obscur où s'affrontent la foi et le doute. Notre prière sera toujours: "Je crois ! Viens au secours de mon incrédulité !" (Marc 9, 24). Au surplus, articuler devant Dieu notre impossibilité de prier, déplorer devant lui notre incapacité à croire, n'est-ce pas déjà lui parler et donc prier avec une entière sincérité ?

Des prières non exaucées ?

L'objection la plus sérieuse faite à la pratique de la prière consiste à rappeler combien souvent nos requêtes ne semblent pas recevoir le moindre exaucement concret. Les promesses de la Bible (cf. Jean 14, 13-14,etc) seraient-elles donc mensongères et la prière ne serait-elle, au mieux, qu'une illusion parfois bénéfique?

Les chrétiens sont convaincus qu'il n'existe pas vraiment de prières non exaucées. Quand nous appelons Dieu, il répond toujours, mais sa réponse n'est pas obligatoirement celle que nous souhaitions et, de surcroît, il nous faut souvent attendre longtemps pour la discerner, tant nous sommes aveuglés par nos propres désirs.

La prière n'est pas un moyen de pression sur Dieu. Quel est le père terrestre qui accorde à ses enfants tout ce qu'ils demandent, même si cela est mauvais ou dangereux pour eux ?. Les NON que le Seigneur nous oppose, ses AUTREMENT, ses PLUS TARD sont aussi des réponses. Les promesses bibliques d'exaucement concernent les prières faites "au nom de Jésus", càd celles qui sont conformes à sa volonté et que lui, notre intercesseur, peut répéter devant le Père.

Mais alors ne devons-nous pas nous contenter de dire à Dieu: "Que ta volonté soit faite", sans rien ajouter ? La Bible ne le pense pas. Non seulement il existe des cas limites, où Dieu attend de nous que nous lui arrachions en quelque sorte une réponse précise (cf. Genèse 18, 17-32). Mais encore le combat que Jésus a mené au Jardin des Oliviers montre que, dans le dialogue même de la prière persévérante, Dieu arrive peu à peu à faire comprendre et accueillir sa volonté à ceux qui sont prêts à lui abandonner la direction de leur vie (Matthieu 26, 36-46; cf. également 2 Corinthiens 12, 7-9). C'est pourquoi il vaut toujours la peine de se lancer dans "l'aventure de la prière". Tout peut arriver quand on prie !

Prière ou action ?

Mais une objection encore nous attend. En dépit de tout ce que nous avons dit, n'est-il pas plus efficace et donc plus urgent d'agir que de prier ?

Opposer prière et action est aussi faux que d'opposer prière individuelle et prière communautaire, car, dans les deux cas, l'une et l'autre se complètent. Si elle n'est pas nourrie et enrichie par la prière en commun, la prière individuelle risque de tourner à vide, comme la prière en commun (en famille, en équipe, en paroisse) risque de devenir formelle et même hypocrite quand elle n'est pas vivifiée et alimentée par la prière personnelle des membres de la communauté.

De la même manière, la prière qui ne mobilise pas en vue de l'action, l'intercession qui ne conduit pas au service, la méditation qui ne donne pas du recul par rapport aux événements ne sont que des caricatures de vie spirituelle. Et inversement l'action qui n'est pas équilibrée par la prière, le service qui n'est pas éclairé par l'intercession, l'engagement qui n'est pas pondéré par la méditation sont menacés de dégénérer en activisme.

La prière, un art difficile ?

C'est la question qu'arrivé à ce point de notre réflexion, plus d'un lecteur se posera sans doute.

Que nul ne se décourage pourtant, car à quiconque la pratique tout au long de sa vie, l'école de la prière offre un enseignement riche en surprises jamais épuisées. N'y avons-nous pas pour maître Jésus Christ en personne et pour modèle le Notre Père qu'il nous a lui-même donné (Matthieu 6, 9-l3) ?

Solidement ancré, en son début et en sa fin, dans l'affirmation et dans la louange de l'amour et de la force de Dieu, le Notre Père nous dépouille de tout égoïsme en nous invitant à nous engager d'abord pour la cause du Seigneur et à ne pas oublier nos frères les hommes, leurs soucis et le pardon que nous leur devons, quand, ensuite, nous soumettons au Père céleste nos besoins matériels et spirituels.


Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

Notes et références

  1. Matthieu 7,7