Rauwiller, paroisse réformée

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Paroisse Réformée de Rauwiller
France France


  • Consistoire de : Strasbourg
Lieu de culte
Contacts
  • Pasteur(s) : ...
  • Téléphone : 03.88.01.96.35
  • Mail(s) : ...
  • Site Internet : ...



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Présentation

La paroisse réformée de Rauwiller 29 rue principale 67320 Rauwiller est membre de :

  • l'EPRAL (Eglise Protestante Réformée d'Alsace et de Lorraine), membre de la Fédération protestante de France,
  • elle-même membre de l'UEPAL (Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine).

Son pasteur est :

  • ...

Lieux de culte

  • Rauwiller, rue de l'Eglise,
  • Kirrberg, Grand'Rue,
  • Goerlingen, rue de l'Eglise,
  • Hellering les Fenetrange, rue principale.

Historique

Rauwiller

Repeuplé par les huguenots dès 1559, Rauwiller était redevenu en principe catholique après la Révocation de l'Édit de Nantes, mais en fait il était désert, tous les bâtiments ayant été détruits. Ce sont des émigrés calvinistes suisses qui, avec les survivants, firent revivre le village après la paix de Ryswick. Il devint même un petit centre commercial.

L'église actuelle date de 1720. Elle conserve des éléments de l'édifice précédent : des fenêtres geminées et le linteau d'une ancienne porte dans la nef. Lors d'une récente restauration, des ossements humains furent mis à jour près de l'autel, ce qui est étonnant pour un temple réformé. Au cimetière, la tombe du pasteur Jean Guerre reste visible. Il fut pasteur à Rauwiller pendant 51 ans, de 1824 à 1875. Le presbytère, 29 rue Principale, est un bel édifice du 19' siècle.

Goerlingen

36 familles huguenotes s'installèrent à Goerlingen en 1559. Le premier pasteur, Pierre de Moyse, y résida dès 1560 pour desservir aussi Rauwiller et Kirrberg.

Suite à la guerre de Trente Ans, le village était encore désert en 1660. À peine la vie avait-elle difficilement repris dans le village qu'une nouvelle tourmente s'abattit sur les villageois : la Révocation de l'Édit de Nantes. L'ancien temple fut détruit par les troupes du grand-prévôt Simon de Nancy, chargé de l'exécution de la Révocation dans le comté de Saarwerden. Sous la pression, de nombreux protestants se convertirent au catholicisme, pensant que ce n'était là qu'un acte formel qui ne toucherait pas leur conviction et leur foi profondes. En fait, la plupart revinrent au protestantisme au moment de l'acalmie.

En 1718, le roi de Prusse, Frédéric Guillaume 1er, exhorta "son cher cousin", Georges Auguste de Nassau-Idstein de reconstruire les églises de Goerlingen et de Rauwiller. Mais ce n'est qu'en 1818 qu'un lieu de culte fut aménagé dans une maison de berger (Hirtehüs) de Goerlingen. Le 20 juin 1886, enfin, put être inauguré le temple réformé actuel. Une grande croix huguenote dans le vitrail du choeur illumine l'harmonieuse construction néo-gothique.

Avec Kirrberg et Hellering, Goerlingen fait partie de la paroisse de Rauwiller.

Kirrberg

L'ancienne église médiévale qui a donné le nom au village (Kirche auf dem Berg) échappa à la guerre de Trente Ans et aux vicissitudes de la Révocation de l'Édit de Nantes, probablement parce que les habitants du village s'étaient soi-disant convertis au catholicisme.

Après la paix de Ryswick jusqu'à la Révolution, l'église était simultanément utilisée par les protestants et les catholiques. En 1868, les protestants construisirent l'église actuelle et les catholiques une chapelle, disparue aujourd'hui. Le clocher pointu fut remplacé par une nouvelle tour coiffée d'un bulbe en 1912. À l'intérieur de l'église, la croix huguenote rappelle le passé huguenot de Kirrberg. Il en est de même des noms de famille:

  • Le moulin par exemple (rue du Moulin) a été longtemps exploité par des familles du nom de Brua, Vautrin, Girardin.
  • Selon la tradition orale, la famille du pasteur Brion de Sessenheim dont la fille, Frédérique, avait inspiré Goethe, serait originaire de Kirrberg.

Hellering

Aujourd'hui annexe de la paroisse réformée de Rauwiller, l'histoire de la communauté protestante de Hellering, située sur la frontière lorraine, est mouvementée.

La Réforme est introduite en 1556 par le prince palatin Otto-Heinrich de Pfalz-Neuburg à qui appartenait le territoire de Lixheim dont faisait partie Hellering.

Le célèbre Wolfgang Musculus, ancien moine de Lixheim, y avait déjà prêché l'Évangile selon l'enseignement de Luther (voir aussi Dorlisheim et Dieuze). Par la suite, les princes palatins s'orientèrent vers le calvinisme et l'imposèrent à leurs sujets.

Quand, en 1623, le territoire de Lixheim passa au duc de Lorraine, celui-ci, Louis de Guise, se montra tout d'abord tolérant envers ses sujets réformés. Hellering fut desservie par le pasteur de Lixheim.

Pendant la guerre de Trente Ans, l'église tomba en ruines et fut remise dans cet état aux catholiques à la Révocation de l'Édit de Nantes.

Pour les cultes, les protestants de Hellering se rendaient "à l'étranger", dans le comté de Saarwerden : les luthériens à Hirschland (pasteur Lucius), les réformés à Diedendorf (pasteur de Perroudet) et, à partir de 1723, à Rauwiller.

En 1786, l'église actuelle fut consacrée pour les catholiques, mais les habitants protestants ont dû contribuer à sa construction. Quand, après la Révolution, les Églises protestantes furent officiellement reconnues (Articles organiques de 1802), la paroisse réformée de Hellering fut créée et le premier pasteur fut nommé en 1807. De 1832 à 1862, le pasteur Gustav Hüter desservait les réformés disséminés jusqu'au Donon et marqua profondément sa paroisse. Vers 1850, presque tous les adultes de la paroisse étaient membres de la Société biblique de Nancy. Hüter était le fils du pasteur luthérien de Niederbronn. Son sucesseur, Ludwig Hauth, était également d'origine luthérienne. Il n'est pas étonnant que les protestants de l'Alsace Bossue furent appelés indistinctement "luthériens" par leur environnement catholique.

Anecdote

Jusqu'au milieu du 18' siécle, la langue du culte était le français, alors que les descendants des huguenots parlaient l'alsacien dans le quotidien. Le pasteur Johann Heinrich Lichtenhan (à Rauwiller de 1765 à 1793), qui maîtrisait parfaitement le français, refusa cependant de présider le culte et d'enseigner le catéchisme en français. La paroisse se révolta. Le pasteur alla jusqu'à exclure ses opposants du conseil presbytéral. Mais il dut finalement se soumettre, le prince ayant prononcé la sentence. Ce conflit linguistique semble cependant en cacher un autre: le pasteur Lichtenhan avait quitté l'orthodoxie calviniste et genevoise. D'orientation piétiste, il attribua plus d'importance à la conviction personnelle du pasteur qu'aux avis des "anciens" de la paroisse. Quoi qu'il en soit, ce conflit illustre la fin d'une époque.

Sources

  • Protestants d'Alsace et de Moselle. Lieux de mémoire et de vie. Ed Oberlin/saep