Sainte Marie aux Mines, paroisse réformée

De Wiki-protestants.org, l'encyclopédie collaborative Protestante.
Aller à : navigation, rechercher
Paroisse Réformée de Sainte Marie aux Mines
France France


  • Consistoire de : Strasbourg
Lieu de culte
  • Ville : Sainte Marie aux Mines
  • Adresse : 23 rue du Temple
  • Coordonnées géographiques : 48°14'45" N, 7°11'06" E
Contacts
  • Pasteur(s) : Amaury CHARRAS
  • Téléphone : 03.89.58.71.03
  • Mail(s) : Amaury CHARRAS
  • Site Internet : ...



Cet article est une ébauche, partagez vos connaissances en l’améliorant !

Présentation

La paroisse réformée de Sainte Marie aux Mines 23 rue du Temple, 68160 Sainte Marie aux Mines

est membre de

  • l'EPRAL (Eglise Protestante Réformée d'Alsace et de Lorraine), membre de la Fédération protestante de France
  • elle-même membre de l'UEPAL (Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine).

Son pasteur est :

  • Amaury Charras

La paroisse réformée et la paroisse luthérienne ont décidé, en 2006, de vivre une dynamique communautaire commune. Un seul pasteur a été nommé sur les deux paroisses, et depuis plusieurs années le culte se célèbre en commun et en alternance.

Lieux de culte

  • Sainte Marie aux Mines (Temple huguenot) : 21 rue du Temple
  • Sainte Marie aux Mines (Eglise des Chaînes): 81 rue Saint Louis
  • Echery : Oratoire, route des Bagenelles
  • Sainte Marie aux Mines : Chapelle Fertrupt
  • Lièpvre : Foyer Saint Alexandre


Historique

  • SAINTE-MARIE-AUX-MINES

Pour comprendre l'implantation protestante à Sainte-Marie-aux-Mines, il faut se souvenir qu'une rivière qui coule au fond de la vallée, la Lièpvrette, partage la ville en deux: à partir du 14e siècle, la rive gauche devient lorraine, la rive droite alsacienne; les seigneurs de Ribeaupierre, établis à Ribeauvillé, en sont les maÎtres. Il faudra attendre la Révolution pour que l'unification intervienne. Sur le pont de la rue de la Vieille Poste, une pierre armoriée marque l'ancienne frontière entre la Lorraine et la seigneurie des Ribeaupierre.

La protection des Ribeaupierre, devenus luthériens, permettra au protestantisme de s'établir à partir de 1550. À cette date apparaÎt Maître Élie, qui fut, sur place, le premier prédicateur protestant. Il était l'ancien prieur d'un couvent du Hainaut. En même temps qu'il travaille dans les mines, il s'entretient de ses convictions religieuses avec ses compagnons de travail : des réunions ont lieu dans sa maison, bientôt accompagnées de la célébration des sacrements. Au départ, il y a 13 personnes; dix ans plus tard, ils sont 1 200. L'essor minier au 16e siècle entraîne l'arrivée de mineurs saxons qui créent une paroisse luthérienne, alors que les autochtones, francophones, adoptent la confession réformée. Les nombreux immigrés suisses des cantons de Berne et de Zurich obtiennent en 1668 la création d'une paroisse réformée germanophone. Les deux paroisses réformées vivent côte à côte jusqu'en 1827.

Mais l'histoire étant complexe, précisons tout de suite: en 1648, le Saint-Empire romain germanique cède l'Alsace au roi de France Louis XlV, qui, en échange, accepte le maintien du statu quo religieux dans sa nouvelle acquisition. Dans le Val d'Argent, les alsaciens furent à l'abri des conséquences de l'Édit de Nantes* et de sa Révocation* en 1685. Les seuls changements sur place que Louis XIV imposa furent la construction de l'église catholique Saint-Louis du côté alsacien, et l'introduction du simultaneum* à Saint-Pierre-sur-I'Hâte, au-dessus d'Echery Liée à l'histoire de la Réforme du 16e siècle existe également la branche anabaptiste* et pacifiste, issue de la prédication de Menno Simons*. Les mennonites* sont présents dès 1555, protégés également par les Ribeaupierre, qui toléraient un pluralisme religieux inhabituel pour l'époque. Après 1650, ils vinrent plus nombreux, de Suisse alémanique, pour contribuer au repeuplement de la vallée après la guerre de Trente Ans. C'est alors qu'eut lieu à Sainte-Marie-aux-Mines, au sein de ce mouvement, la dissidence Amish* (du nom de Aman Jacob, leur fondateur). Ce fut une réaction rigoriste contre ceux des leurs qui se conformaient trop au «monde JO. Louis XIV ordonna leur expulsion après 1712.

Un colloque sur l'histoire des Amish, aujourd'hui installés en Pennsylvanie, a été organisé en 1993 par l'Association française d'histoire anabaptiste et mennonite. Lors de ces journées, une exposition de Patchworks, technique de leur invention, en fit partie. Or, les traditions textiles de la ville demeurent fortes: l'intérêt que suscita la découverte de l'utilisation de tissus pour ces ouvrages originaux eut pour conséquences la création de l'Office de Tourisme, des Carrefours européens du Patchwork, qui attirent chaque année 10 000 visiteurs. Les Mennonites, partenaires de l'Office de Tourisme, dressent un stand chaque année, avec littérature, exposition muséographique et patchworks amish, importés des États-Unis par Jacques Legeret, auteur d'un livre intitulé «l'énigme amish JO.

Quelques lignes sur l'évolution économique de la vallée sont indispensables : elle explique aussi l'évolution de la démographie religieuse et la vie des communautés. La ville a perdu presque la moitié de sa population en un siècle: les mines appartiennent à l'histoire depuis le début du 18e siècle ; une tentative de relance vers 1900 a avorté. Par contre, la grande industrie textile s'est développée; elle assura la prospérité de la vallée'à partir de 1755, avec l'installation de manufactures de coton par les industriels Steffan et Reber. Son apogée se situe au 1ge siècle, avec un patronat protestant dynamique, dominé par la dynastie des Blech. Mais une terrible crise qui se poursuit aujourd'hui a profondément ébranlé la vallée depuis les années 1950. Les communautés protestantes en ont particulièrement souffert: Echery n'est plus une paroisse; les réformés ont perdu tous leurs industriels et une grande partie de leur jeunesse s'en est allée. La paroisse luthérienne résiste mieux, mais subit aussi une érosion évidente. Le passé est prestigieux ; les archives sont chargées d'histoire, mais l'avenir de tout cet avoir deviendra un jour une urgence à résoudre. Pour le moment, on ne peut que rendre hommage à ceux qui travaillent pour que l'héritage d'hier contribue au témoignage d'aujourd'hui pour préparer demain .

L'héritage religieux est en effet considérable; la ville pourrait s'appeler Sainte-Marie-Ies-douze-églises ! Il y a en effet 13 lieux de culte: 1 simultané*, 6 catholiques, 5 protestants, 1 synagogue. On pourrait y ajouter 2 salles de prière musulmanes. La population change: celle d'origine disparaît peu à peu, elle est remplacée par des gens de la plaine, mais aussi par des populations venues des rives de la Méditerranée ou d'Asie Mineure. Des pentecôtistes* sont implantés à Fertrupt.

Les protestants se répartissent en luthériens autour de la paroisse "des chaînes", en réformés attachés au temple. Résident sur place, un pasteur luthérien et un pasteur réformé, là où autrefois il y avait deux pasteurs réformés, un luthérien et un à Echery (luthérien ou réformé selon l'alternance). Le presbytère d'Echery est vendu depuis longtemps.

Ces paroisses disposent pour leur fonctionnement de trois presbytères dont un est loué, de trois maisons paroissiales, de six églises ou chapelles dont quatre sont des propriétés paroissiales. À cela s'ajoute deux centres de vacances à Echery, appartenant aux Unions Chrétiennes des Jeunes Gens* de Colmar et l'autre aux UCJG de Schiltigheim.

Citons enfin deux œuvres sociales créées aux 1ge siècle : l'orphelinat, aujourd'hui vendu, et l'hôpital Chenal, maintenant intégré au domaine public.

Les traditions de solidarité cultivées à Sainte-Marie depuis le 16esiècle (par exemple la Caisse des Mineurs qui existe toujours; elle servait de fonds de secours et de caisse de décès), s'illustrent aujourd'hui par la participation des paroisses protestantes à la Commission consultative du CCAS.

Pour approfondir tout cela, existent deux lieux à visiter: l'Office de Tourisme et la Maison de Pays. La Société d'histoire du Val de Lièpvre publie depuis 1963 un cahier qui est une mine de renseignements. Les archives des paroisses protestantes sont aux archives départementales à Colmar. Une archiviste peut être consultée sur place.

Au point de vue statistique, on dit qu'il y a 1 200 protestants. Actuellement, la population de Sainte-Marie est de 5 900 habitants ; environ la 000 pour l'ensemble de la vallée. La population protestante est surtout concentrée à Sainte-Marie et ses lieux de culte - histoire oblige - sont tous, sauf un, sur la rive droite de la Lièpvrette, ancien domaine des Ribeaupierre. Les trois autres localités de la vallée (Ste-Croix-aux-Mines, Lièpvre, Rombach-le-Franc) sont essentiellement catholiques, car appartenant à l'ancien domaine des ducs de Lorraine.

Pour l'ensemble de l'héritage religieux du Val d'Argent, l'Office du Tourisme a publié: «Églises, Chapelles et Calvaires du Val d'argent». Mais puisqu'il s'agit ici du protestantisme, nous concentrons notre attention sur les lieux du culte protestants. Il y sera question des mines et du textile; c'est un héritage commun à tous, même si nous insistons plus sur les mines en parlant des luthériens, et plus sur le textile en parlant des réformés.

AU CŒUR DES ORIGINES, UNE ÉGLISE DISPARUE: L'ÉGLISE SUR LE PRÉ

Cette église se trouvait vers le bas de la ville, en direction des services techniques et de la chapelle Saint-Joseph toute récente. Aucun monument ne signale son emplacement. Elle fut construite en 1545.

Nous avons parlé du travail de propagandiste de Maître Elie en 1550. Le premier pasteur régulier, qui occupa ses fonctions de 1554 à 1555, fut Jean Loquet; il prêcha au «Temple des Mineurs, sur le pré ». Ce fut avec l'accord du desservant catholique de cette église, et la complicité des mineurs, Cette église était «l'église des mineurs », Toute sa décoration l'attestait: vitraux représentant les travaux miniers, chaire soutenue par un énorme mineur sculpté ... Pendant quelques années, la prédication en français et celle en allemand y cohabitèrent. Cependant, en 1561, le comte Egenolf de Ribeaupierre décida que le pasteur « français» prêcherait à Saint-Pierresur l'Hâte, et celui parlant l'allemand à l'église sur le pré. C'est ainsi que les réformés émigrèrent vers Echery, et que les luthériens s'installèrent au bas de la ville. Ils y resteront jusqu'en 1846, année de la construction de l'église luthérienne des Chaînes. Inutilisée depuis lors, l'église sur le pré fut détruite en 1880 pour laisser la place au chemin de fer.

UNE CHAPELLE HÉRITIÈRE DE L'ÉGLISE «SUR LE PRÉ» : LA CHAPELLE DE FERTRUPT

C'est en tout cas ainsi que J.P Patris l'envisage dans la brochure qu'il lui consacre.

La présence du marteau et de la pointerolle au-dessus de la porte d'entrée témoigne que cette chapelle du 16' siècle appartenait aux mineurs. C'est une chapelle luthérienne, à l'origine destinée à un usage funéraire ; elle se situe sur la hauteur à l'entrée du cimetière de Fertrupt. La chaire et l'agneau pascal viennent de l'église «sur le pré» ; plusieurs personnalités luthériennes y avaient été enterrées. La pierre tombale de Chrétien de Schwengsfeld en provient, comme peut-être d'autres aussi. La dissolution de la « Compagnie Générale des Mines» en 1767 ne signifia pas la fermeture du lieu de culte; au contraire, avec ses 440 membres en 1846, Fertrupt devint une annexe de la paroisse luthérienne des Chaînes, et, depuis, le culte y est régulièrement célébré.

À la tribune se trouve le mécanisme de l'horloge qui date des années 16691675. La chapelle a été restaurée vers 1985; elle fut réinaugurée en 1981 Des bénévoles en ont été les artisans ; ils ont accompli une œuvre de rénovation particulièrement réussie.

UNE AUTRE CHAPELLE AU SERVICE DES MINEURS: LA CHAPELLE SAINT-BLAISE

Elle est située au-dessus de Sainte-Croix-aux-Mines, à la frontière du domaine des Ribeaupierre, tout en bas de la ville. Ce quartier abritait autrefois une importante communauté minière. Datant de 1502, le site est très ancien. Il a porté autrefois le nom de Saint-Guillaume, compagnon d'Achéric, deux ermites à l'origine du monastère d'Echery. Un lieu de culte existait peut-être dès le 9ème siècle. Dégagé des bâtiments agricoles qui l'entouraient, le petit édifice offre l'occasion d'une pittoresque promenade: on le découvre en haut d'une pelouse, au bas de laquelle une fontaine d'où l'eau s'écoule imperturbablement, ajoute son chant au charme champêtre du lieu.

SAINT-PIERRE-SUR-L'HÂTE

Pendant ce temps, les réformés s'organisent à Saint-Pierre-sur-I'Hâte. Ils en seront les seuls maîtres jusqu'à l'institution du simultaneum* par Louis XIV en 1686. Cependant, en 1550, un premier culte réformé y a déjà été célébré.

Le lieu de culte est antérieur à la Réforme : on suppose sans certitude que le monastère du 9' siècle s'y trouvait déjà. Le nom d'Echery fait référence à celui d'Achéric, l'un de ses fondateurs. C'est le point de départ du développement de Sainte-Marie. Mais tout vestige de cette époque a disparu.

L'église actuelle fut construite aux 15' et 16' siècles, mais le clocher-porche date du 13' siècle. Elle est située sur un petit promontoire au-dessus du hameau d'Echery, au bout de la ville en direction du col des Bagenelles. Elle est entourée d'un cimetière où se trouvent plusieurs tombes de mineurs. Le pittoresque de sa situation, en même temps que son intérieur qu'on ne peut éclairer qu'aux chandelles, lui valent la réputation d'être un lieu magique. Sous l'armoire eucharistique enchassée dans le mur du chœur, figure la date de 1504 et sur le clocher, 1506. La cloche est de 1536. Du côté de la nef, différents chiffres allant de 1511 à 1604, difficiles à interpréter. Une belle grille de fer forgé ferme le chœur ; celle-ci fut mise en place en 1776. Les tribunes en bois datent de 1604. Le chœur voûté gothique est soutenu par de robustes contreforts.

Le vitrail du fond du chœur a été réalisé en 1886. Dans la nef, se trouvent 11 tombes. L'église est toujours utilisée par les catholiques et les protestants, luthériens et réformés. Des manifestations culturelles, comme les «concerts aux chandelles », y ont lieu chaque année. Depuis peu, à la Sainte Barbe, les Associations du patrimoine minier y organisent une savoureuse célébration, où les génies de la montagne, le folklore religieux et les très sérieux cantiques des mineurs voisinent allègrement. Il n'y manque que le schnaps ; il est partagé plus bas à la salle Oberlin. La fête est annoncée par un tir de bombarde. De l'église à la salle, la descente se fait en cortège à la lumière des lampes de mineurs, précédé par la fanfare d'Echery. Les membres de la Caisse des mineurs sont ce jour-là en grand uniforme. Ils sont accompagnés de leur magnifique bannière.

LE TEMPLE RÉFORMÉ

Une brochure raconte son histoire, écrite par Michèle Magdelaine, avec la collaboration de Béatrice Roeder.

En 1634, pour se rapprocher du centre-ville, et parce que leur nombre ne cesse d'augmenter, les Réformés décident la construction du temple. Il est plus grand et compte 700 places. Ce temple appartient à la Réforme de langue française. Grâce au Traité de Ryswick* (1697), il est encore debout aujourd'hui. L'édifice a conservé à l'intérieur sa disposition d'origine. À l'extérieur, il a l'allure d'une grande maison aux fenêtres ogivales. Au 1ge siècle, les industriels y ajoutèrent un clocher en 1807, et un orgue Callinet, actuellement inutilisable. Ayant classé le temple depuis 1993, le Ministère de la culture a initié un projet de restauration pour l'ensemble, dont l'exécution dépend de son bon vouloir.

La disposition du temple est originale : un grand rectangle. La chaire de style Renaissance est adossée au milieu du grand côté Nord-est. Devant, la table de communion de même style. La disposition des bancs facilite le rassemblement autour de la parole de Dieu et de la célébration des sacrements. Des tribunes courent sur les trois côtés. Sa sobriété oriente vers la méditation intérieure.

Au 17e siècle, Sainte-Ma rie-Alsace devint une terre d'accueil : en 1624, la population de Badonviller y trouva refuge, et augmenta encore par cet apport le nombre des réformés. Après 1648, des réformés venus de Suisse alémanique pour repeupler la vallée, constituèrent une communauté qui utilisa le temple. Au 18e siècle, lors de l'implantation de la grande industrie textile, la plupart des industriels, réformés, y prirent tout naturellement leur place. Leur influence se fit sentir jusque tout récemment.

Des apports successifs aux 16e et 17e siècles firent que Sainte-Marie accueillit des représentants des courants luthérien, zwinglien* et calviniste qui sont les trois grands courants de la réforme du 16e siècle.

Une remarque pour terminer: la paroisse est propriétaire d'un mobilier intéressant. Outre les trois tombes cachées sous les tapis du temple, l'armoire des mineurs se trouve à la Maison de Pays (classée) ; deux tableaux commémoratifs (classés), dans la salle du Consistoire : ils sont peut-être les seuls en bois existant en Alsace.

L'ÉGLISE DES CHAÎNES

En 1846, une église luthérienne plus grande que celle «sur le pré» est construite au centre-ville. Adossée à la colline, elle est précédée d'un grand parvis protégé par des chaînes, d'où son nom.

Lors d'une restauration en 1935, une chaire monumentale a été construite en chêne. Une nouvelle restauration en 2001 a apporté de nouvelles améliorations. La perspective d'allure cérémonielle est dominée au-dessus de la chaire par un grand tableau représentant une descente de croix. Des vitraux au sommet de la nef et face à l'assemblée rappellent les commandements. D'autres, illustrant des scènes de la vie de Jésus, garnissent les fenêtres des bas-côté de style roman. La prédominance du bois, les couleurs et l'éclairage récemment installé, créent une ambiance chaleureuse. Les lustres originaux de style moderne, tels des bouquets de lumière, apportent une note de fantaisie de bon aloi, dans un cadre architectural aux lignes assez carrées.

Nul ne doit s'étonner de voir la nef bordée de deux grandes tribunes latérales, lorsqu'on sait que dès le 16' siècle, 3 000 mineurs de langue allemande, et adeptes de la Réforme, affluent dans la vallée, pour participer à l'exploitation des mines alors en pleine extension : la «Chorale des mineurs» cultive encore aujourd'hui le souvenir de leur piété, dont témoignent quelques rares recueils de l'époque.

Le buffet de l'orgue est mis en valeur par un très bel éclairage. À l'entrée à gauche, se trouve la dernière cloche de «l'église des mineurs» (l'église sur le pré). Cette entrée est dominée par un grand clocher en grès rose des Vosges.

L'ORATOIRE D'ECHERY

Au rez-de-chaussée d'un immeuble appartenant à la ville, et situé au n° 22 à Echery, les luthériens ont pu ouvrir cet oratoire en 1843. L'inauguration se fit en mars; en même temps, le premier pasteur luthérien d'Echery prenait ses fonctions, Echery devenant une paroisse autonome. 140 ans plus tard, à cause de la crise du textile, le poste pastoral a été transféré au Nord de Strasbourg, mais les protestants continuent à entretenir et à utiliser l'oratoire. Les deux pasteurs du centre-ville y prêchent chaque dimanche en alternance. Les moments forts sont surtout les cérémonies à caractère familial et la veillée du 24 décembre.

Cet oratoire, au plafond bas, est en fait une grande salle de prière pouvant contenir 120 personnes. Restauré il y a une quinzaine d'années, il est encore chauffé par un vieux pOêle de Dietrich, qui distille une bonne chaleur grâce au hêtre qu'on y brûle. Il est orné de vitraux, l'un représentant la crucifixion, l'autre la résurrection, de chaque côté de la chaire. Il a remplacé Saint-Pierresur-l'Hâte, où les cultes sont occasionnels.

Le protestantisme à Sainte-Marie a été diversifié et riche. On pourra s'étonner de voir combien ici, le passé et le présent sont toujours mêlés. Les SainteMariens sont pétris de leur histoire. Il est indispensable de la connaître, pour comprendre l'âme de cette ville.


  • Personnalité

Une grande famille industrielle : les Siech. En 1755, JeanJacques Siech, membre d'une grande famille mulhousienne, s'installe à Sainte-Marie-aux-Mines. Premier d'une dynastie alliée aux industriels mulhousiens, il est le fondateur de l'industrie textile. Parmi ses descendants, on compte deux maires de la ville et trois conseillers généraux.

Bibliographie

Protestants d'Alsace et de Moselle : lieux de mémoire et de vie / sous la dir. d'Antoine Pfeiffer.- Ingersheim : Saep ; Strasbourg : Oberlin, 2006

Site Internet

... http://www.protestants.org/epal/ste-marie-aux-mines

Administration