Vence, église réformée

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Église réformée de Vence
France France
Lieu de culte
Contacts



Présentation

Église réformée de Vence, 6 rue de la Paix, 06140 Vence

L'église réformée de Vence est membre de

Elle appartient au Consistoire de Côte d'Azur et Corse

Lieux de culte

  • Vence : 6 rue de la Paix

Historique

Quelques dates et quelques extraits du document Histoire des Protestants du Pays Vençois (disponible ERF 6 rue de la Paix 06140 Vence 5 € + frais d’envoi)

  • Toussaint 1517 : le moine Martin Luther docteur en théologie affiche ses 95 thèses contre les indulgences
  • 1536 : Jean Calvin écrit son "Institution de la religion chrétienne"
  • 1549 : Claude de Villeneuve baron de Vence, adhère aux idées de la Réforme
  • 1559 : premier synode national de l ’Église Réformée de France, plus de 2.000 églises sont créées :
    • 1558 Antibes
    • 1561 Tourrettes (s/Loup)
    • 1563 Vence

Suite aux inféodations médiévales Vence se trouve au début du XVIème siècle, protégée par des privilèges et des libertés accordées par le Comte de Provence, en butte aux jeux complexes de 3 pouvoirs :

  1. Les Consuls
  2. L’Evêque
  3. Le Seigneur.

Réforme et Contre-Réforme en pays Vençois (1550-1685)

Dans les années 1550-1570, • les consuls sont catholiques • l’évêque, Louis de Grimaldi baron de Beuil est proche des idées de la Réforme. • le seigneur, Claude de Villeneuve, est protestant. En 1565, les consuls de Vence admettent en leur sein deux protestants : Romain Signore et Jean Vidal.

D’autres seigneurs ont adhéré aux idées nouvelles :

  • La famille de Grasse, Claude de Grasse, seigneur de Courmettes, Paul de Malvans, Fouque Tombarel, dit Brandis de Gréolières, Isnard Orsier de Colmar, François de Simiane, marquis de Manosque, etc...
  • Le comte de Tende, gouverneur de Provence, est marié à une princesse savoyarde et protestante.
  • Françoise de Villeneuve, épouse du seigneur de Vence, a adhéré avec lui à la Réforme. Elle est la fille du gouverneur d’Antibes, membre éminent de la famille Grimaldi.

La Réforme prend corps à St Jeannet, Carros, Gattières, Coursegoules, Gourdon, Le Broc, et à Tourrettes où une église réformée est recensée en 1561. En 1562, des bandes de la nouvelle religion parties du Broc et de St Jeannet, parcourent la campagne.

Les consuls de Vence interdisent "de porter vivre ou de bailler ayde ou faveur à ceux de la nouvelle religion ..." (juin 1562). Le 21 octobre 1562, ils "défendent à tout suspect de la nouvelle religion d’entrer dans la ville et au faubourg d’ycelle ; et ni père, ni voisin, ni domestique ne peut les accueillir en leurs maisons, bastides, vignes et possessions" ... Les protestants, environ 30 familles, s’installent au faubourg des Arcs, où existe encore une rue des Huguenots. En 1563, ils constituent une église.

L’édit d’Amboise (15 mars 1563), permet le culte protestant dans les fiefs où les seigneurs exercent la "haute justice" : à Vence, ce droit est partagé entre le seigneur et l’évêque, ce qui sera la source d’une longue suite de procès

Les démêlés des catholiques vençois avec leur évêque Louis de Beuil, suspect de sympathie pour la Réforme, les entraînent à envoyer une supplique au Roi, lui demandant "d’exempter Loys de Beuil d’aller au Concile de Trente" (qui organise la Contre-Réforme). Il ira quand même à la troisième session du Concile en compagnie de François Lambert, évêque de Nice. A son retour, en 1565, il décide de vendre ses droits de justice à Claude de Villeneuve, protestant, de ce fait seul détenteur des droits de justice temporelle.

Le 26 novembre 1568 arrive à Vence un commissaire royal "pour crier de ne tenir aucune autre religion que la catholique, apostolique et romaine". Les investigations se multiplient pour connaître les membres de la nouvelle religion : en 1569, une enquête est menée sur la "nature des relations entre le baron de Beuil et les Huguenots".L’année 1570 voit l’installation d’un poste huguenot à la Bastide Saint Laurent, au dessus de Vence. (Ce refuge, propriété de Claude de Vence, sera rasé en 1591). En août 1572, deux consuls de Vence, Antoine Mars et Bertrand de Varron, sont à Paris pour affaires : ils assistent au massacre de la Saint Barthélémy. Le notaire du Broc, Maître Alzear Arnulphy, note sur la première page de son registre de l’année 1572 : "l’admiral Gaspard de Cornilly et sa suyte tenans le parti de la relligion nouvelle meurtrys a parye le jour de la Saint Barthélémy le XXVème d’aoust 1572". Dans sa thèse Protestants au XVI° siècle dans les Alpes Maritimes parue en 1903, l’auteur protestant Louis Biau cite les noms de martyrs de la Saint Barthélémy à Vence et Tourrettes : Guillaume Euzières, Jacques Perret, Antoine Chaillon, Honoré Rainaud, Esprit Segond, Michel Gueybier, Pierre Rollet.

Les vençois dénoncent leur évêque au Saint Siège comme hérétique... Convoqué à Rome, Louis de Beuil abjure : le jugement est transcrit aux archives diocésaines avec l’annotation : "Sentence en condamnation contre Louis de Grimaldy, Baron de Beuil, évêque de Vence, comme hérétique, et abjuration de ses hérésies par lui faites à Rome sous le pontificat de Grégoire 13 en 1573". Une lutte oppose en Provence les "rasats" et les "carcistes" : les premiers, protestants, s’appuient sur le Gouverneur de Provence M. de Retz, nommé par le roi Henri III, les seconds soutiennent Jean de Pontevès, comte de Carcès, catholique intransigeant opposé à de Retz, dont il espérait avoir la charge... Durant l’été 1574, le baron de Vence étant dans son château de Gréolières, les "rasats" de Grasse investissent le château. Les Vençois, de crainte de voir leur seigneur prendre la tête des troupes protestantes et entrer à Vence pour y établir un fief protestant, vont "délivrer" leur baron... Carcès interprète cette démarche comme le ralliement de la cité de Vence à sa cause. Son lieutenant, le sieur de Vaucluse, ordonne aux consuls "de prendre toutes les armes (...) sans toutefois faire aucun mal ni déplaisir aux protestants..." (19 avril 1575).

12 août 1576 : Audinc Garinelli, nouvel évêque de Vence, baptise à la cathédrale Lucrèce de Villeneuve, fille du baron protestant. 1587 : Jeanne de Grasse, héritière des Courmettes, abjure la "Religion Prétendue Réformée" (R.P.R.) et fait baptiser et confirmer ses enfants : le roi lui restitue tous ses biens, saisis en 1586.

Le 2 juin 1592 : les armées protestantes du duc de Lesdiguières assiègent Vence. Scipion de Villeneuve, fils du baron Claude (qui s’est noyé le 13 mai dans l’Argens) est parmi les assiégeants. Selon la légende, les boulets protestants rebondissent sur les murailles et retombent sur les assaillants. (cette victoire des catholiques est commémorée chaque année à Vence le lundi de Pâques sous le nom de messe du siège).

Le 8 août 1593, Scipion de Villeneuve abjure le protestantisme, comme Henri IV l’a fait le 23 juillet. Le 20 novembre 1597, les "rasats" de Vence sont condamnés par la Cour du Parlement d’Aix : "à avoir le poing coupé et à être pendus : Hugues Julian, Jean Féraud et Georges Vidal; - à dix ans de galères : Bernardin Mayffred, Emmanuel Julian, Lambert Mars, Michel Vaquin, Louis Vidal, Antoine Garbier, Jean Blacas, Mathieu Courmettes..."

La signature de l’Édit de Nantes le 13 avril 1598 ne permet pas aux protestants vençois de pratiquer leur culte dans la cité, siège d’évêché : il est toutefois autorisé dans les faubourgs et les villages : Tourrettes devient le haut-lieu du protestantisme vençois.

La Contre-Réforme est menée à Vence par deux grands évêques, Pierre du Vair et Antoine Godeau . Le 24 avril 1603, Mgr du Vair en visite à Tourrettes reçoit "Annibal de Villeneuve, escuyer, fils du sieur de Torrettes, et demoiselle Marguerite de Villeneuve (âgée de 8 ans)...., lesquelz pour avoir tenu cy devant l’oppinion de la falce religion, lui auroyent requis de les recevoir au giron de la très saincte mère l’église catholique, apostolique et romayne". A son arrivée dans son diocèse en 1638, Antoine Godeau constate que les religionnaires sont encore nombreux à Vence, Tourrettes, Saint-Paul, le Broc... Jean Bernard, ministre réformé, loge chez Aubanel, notaire à Tourrettes. La Contre-Réforme prend de l’ampleur, les libertés accordées par l’Édit de Nantes sont de plus en plus réduites, interdiction des assemblées, conversions forcées, restrictions des droits des protestants en matière de justice, nombreuses professions interdites, etc...

Les persécutions, la Révocation, le Désert, le Réveil (1685, 2000)

Le 18 octobre 1685 Louis XIV signe la révocation de l’Édit de Nantes : les protestants sont hors la loi.

En 1699, on compte malgré tout 30 foyers protestants à Tourrettes. En 1715, on y recense encore 32 personnes, "fort chancelantes dans la foy", et qualifiées de "libertins ouverts à toutes les déviations"... La flamme protestante semble éteinte en pays vençois pendant plus d’un siècle...C’est le temps des "assemblées du Désert" en Cévennes, de l’exil dans les pays "du Refuge" (Hollande, Suisse, Allemagne...)

Elle se réveillera dans le courant du XIXème siècle : En 1850 est créée "l’Oeuvre Évangélique du canton de Vence" , rattachée en 1859 à l’église évangélique de Cannes, puis en 1908 à l’église réformée évangélique d’Antibes. En 1918, le pasteur Stuart Roussel fonde à Tourrettes, sur l’ancien fief des Courmettes des comtes de Grasse, "l’Association Amiral de Coligny", d’abord sanatorium, puis centre de la Fédération française des éclaireuses (1938). Depuis 1976, les Courmettes fonctionnent en centre d’accueil et d’animation dans un esprit délibérément tolérant à toutes recherches spirituelles.

Depuis les années 1930 le culte réformé est célébré à Vence dans la chapelle anglaise (St Hugh’s Church, avenue de la Résistance), propriété de l’église anglicane .Constituée en association cultuelle dans le cadre de l’Église Réformée de France depuis 1944, l’Église Réformée de Vence comprend les communes de Vence, Saint-Paul, La Colle-sur-Loup, Tourrettes, Saint-Jeannet, La Gaude... Son diaconat (Service d’Entraide) participe activement à l’action sociale vençoise, en collaboration étroite avec les associations caritatives catholiques. Avec leur soutien, l’Entraide Protestante de Vence a ouvert en 1996 un foyer d’hébergement d’urgence pour personnes en difficulté.

"flagror non consumor" (Exode III, 2)

Architecture

A compléter

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

Notes et références

Administration

A compléter