Coran

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Le Coran (القرآن) est un ouvrage collectif arabe issu de la tradition orale qui fut élaboré entre le début du VIIe siècle et le début du VIIIe siècle après Jésus-Christ. Son statut sacré fut établit définitivement par les commentateurs du Coran au IXe siècle, et la forme définitive du texte ainsi que ses sept lectures actuelles (dont les différentes variantes sont mineures) datent du début du Xe siècle.

Le Coran actuel s’inspirerait des prédications que Mahomet (محمد, Mouhammed ibn Abd Allah né à la Mecque vers 570 et mort à Médine en 632) aurait données pendant vingt-trois années de l’an 609 jusqu’à sa mort. Les principaux rédacteurs et compilateurs de cet ouvrage seraient Zaïd ibn Thalib, le secrétaire de Mahomet, et Al Hajjaj ibn Yusuf, poète et gouverneur sous le califat d’Abd al Malik ibn Marwan.

La très grande majorité des croyants musulmans considèrent que le texte religieux Coranique actuel reflète l’intégralité sans aucune altération ni modification de la transmission de la Révélation donnée à Mahometpar l’Archange Gabriel, d’un Livre céleste Al Coran, Verbe incréé de Dieu. Mahomet est en cela considéré par les musulmans comme le dernier, le Sceau des Prophètes.

Selon l’interprétation majoritaire, les musulmans soutiennent que ce texte viendrait rectifier l’interprétation qu’ont eue les hommes de confessions juive et chrétiennes de la Révélation qui leur a été faite notamment à travers les Prophètes et notre Seigneur Jésus-Christ, voire même auraient falsifiés leurs Saintes Écritures. Le Coran est vu comme la Parole de Dieu venant règlementer l’ensemble des rapports humains à l’intérieur de la communauté musulmane ainsi que les rapports extérieures qu’elle peut avoir avec les non-musulmans, ceux-ci étant sensés être appelé in fine à se convertir à l’Islam, c’est-à-dire à considérer Mahomet comme Sceau des Prophètes et à obéir aux règles et aux lois indiquées dans le texte Coranique.

Le Coran étant sensé être le Verbe de Dieu incréé, et donc devant être strictement unique, toute discussion sur les origines du Coran, ses lentes rédaction et compilation, sur les différentes versions, sur les textes perdus et sur des lectures différentes sont tabous et peuvent encore aujourd’hui mener à une condamnation à mort dans certains pays musulmans, la censure restant totale dans les autres pays musulmans. Ainsi, dans les facultés de théologie l’étude critique du texte n’est pas enseignée, étudier l’élaboration historique du Coran ou tenter d’effectuer une exégèse scientifique, peut vite mener à la prison ou à l’exil.

L’élaboration du Coran

L’élaboration du Coran religieux actuel s’est effectuée en cinq phases :

  1. La prédication de Mahomet (vers 609-632)
  2. La rédaction de Zaïd ibn Thalib (632-644)
  3. La recension d’Uthman (644-656)
  4. L’amélioration d’Abd al Malik ibn Marwan (685-705)
  5. L’établissement définitif du dogme de l’immuabilité Coranique et des différentes lectures actuelles du Coran (durant les VIIIe et IXe siècles et ce, jusqu’au début Xe siècle)

Les enseignements de Mahomet (vers 609-632)

Les prédications du chef arabe Mahomet à ces sujets ont duré vingt-trois ans, de 609 à 632 après Jésus-Christ. Mahomet a encouragé ses compagnons à devenir monothéiste et s’est présenté à eux comme le dernier des prophètes recevant une révélation de la part de Dieu destinée à tous les hommes. Se servant de ses maigres connaissances bibliques et religieuses acquises en côtoyant des juifs et des chrétiens à la Mecque et en Syrie, Mahomet va asseoir son autorité auprès de ses semblables en justifiant son pouvoir de façon théocratique. Ainsi les révélations de Mahomet viennent à point nommé tout au cours de son règne pour justifier ses ordres et son organisation de la société. Viennent ainsi pêle-mêle au cours de ses vingt-trois années, des appels à la soumission à Dieu et à lui-même, des mythes imaginés à partir des récits bibliques ou de mythes populaires à cette époque et de nombreuses règles de droit venant régir la vie de la communauté. Au VIIe siècle la société arabe était une civilisation orale, et la plupart des récitations de Mahomet étaient apprises et transmises par ses compagnons. Il est possible que certains d’entre eux aient pu fixer sur divers supports précaires tels que des feuilles ou d’écorces de palmiers, de parchemin, ou des os de dromadaires de petites notes en guise d’aide-mémoire.

La rédaction du texte Coranique (632-644)

A la mort de Mahomet en 632, le premier calife à succéder à Mahomet fut Abu Bakr (632-634). Les aléas de la mémoire des compagnons de Mahomet et la confusion avec les prédications du concurrent Musaylima mettaient de plus en plus en danger celles de Mahomet. Pourtant Zayd ibn Thalit, scribe personnel de Mahomet maîtrisant l’hébreu et l’araméen, refusait d’effectuer une recension des prédications mahométanes voulue par Abu Bakr et Umar arguant que Umar (futur second calife de 634 à 644) et Abu Bakr n’avaient pas à faire ce que Mahomet n’a pas fait de son vivant.

Il fut probablement convaincu de la nécessité de ce travail lorsque à la bataille d’Al-Yamamah contre Musaylima, 1200 musulmans dont 30 compagnons de Mahomet et 70 récitants de versets perdirent la vie, portant ainsi un coup très sévère à leur loi orale. La perte totale des prédications de Mahomet était une possibilité à envisager.

Pendant les années qui suivirent, Zayd, aidé d’autres scribes, effectua donc un travail de recension des prédications auprès des différents témoins et à des notes qu’ils avaient pu écrire. Une commission d’anciens compagnons de Mahomet fut convoquée, laissant penser qu’un consensus sur le contenu dû émerger entre les anciens compagnons de Mahomet. Ainsi l’ancien scribe de Mahomet, Zayd ibn Thalit, rédigea à partir des différents témoignages une première série de versets qui devait donner le futur texte Coranique. Le Coran serait ainsi constitué principalement d’une seule couche rédactionnelle datant de cette époque. La loi pouvait ainsi être diffusé avec un support écrit et plus seulement de façon orale. Une compilation des écrits de Zayd ibn Thalit échoua entre les mains de Hafsa la fille d’Abu Bakr, codex qu’elle aurait obtenu soit directement de son père soit par sa garde personnelle. Durant les deux premiers califats, il n’exista pas de compilation officielle du Coran, de nombreuses compilations de feuillets qui diffèrent notamment sur le nombre de versets et de sourates furent établies, certaines perdureront trois siècles.

La collecte du troisième Calife, Uthman (644-656)

Lorsque Uthman devint calife, il comprit que ces grands nombres de Corans différents étaient dangereux pour l’unité de son califat. L’arabe écrit étant une langue sémitique et étant très récente, les voyelles brèves et les signes diacritiques ne figurent pas dans ces premières compilations. Non seulement les différents peuples de Syrie et d’Irak se disputaient sur le contenu des compilations mais aussi sur les prononciations des mots et les interprétations possibles des textes. Certaines de ces compilations devenaient de plus en plus dangereuses pour Uthman. Uthman entreprit donc un travail systématique d’uniformisation du Coran afin de préserver sa première fonction qui est qu’il n’y ait qu’un et un seul code civil et pénal divin dans son califat. Le calife Uthman se fit donc envoyer la copie de Hafsa et demanda toujours au même Zayd ibn Thalit de lui rédiger un Coran à partir de ce codex. Des années après la première commission, Zayd convoqua à nouveau les compagnons de Mahomet toujours en vie munis des fragments de notes qui leur restaient. Un Coran favorable à Uthman fut ainsi établit par Zayd, le codex dit Al mashaf al Uthmani. Zayd ibn Thalit, qui fut donc aidé de scribes et des compagnons de Mahomet, dont un très grand nombre selon la tradition musulmane connaissaient tous absolument par cœur l’ensemble des prédications de Mahomet, réalisèrent une bien étrange seconde composition. Les sourates furent rangées de la plus longue à la plus courte sans respecter la moindre chronologie entre les sourates et à l’intérieur des sourates, les versets se succédant souvent en dépit du bon sens et de tout lien logique. C’est cette structure narrative qui serait à l’origine du Coran actuel.

 « Ne laisse personne te dire qu’il détient la totalité du Coran.
Comment peut-on savoir ce qu’est la totalité du Coran ? 
Beaucoup de choses du Coran ont disparu à jamais » 

(Abdallah ibn Umar ibn al Khattab, compagnon de Mahomet 
reconnu par la tradition comme un expert du Coran,
s’adressant au calife Uthman).

Uthman diffusa et imposa sa nouvelle version du Coran, à travers la communauté et fit détruire la majorité des autres versions que la sienne, la détention d’un exemplaire autre que celui Uthman étant puni de mort, notamment les Corans d’Ali, le gendre de Mahomet, de celui d’Ubai ibn Kab et de celui d’ibn Masud. La majorité des variantes et des parties n’existant pas dans le texte Coranique actuel des 114 sourates ont été perdues lors de cette période. Parmi ces textes perdus les partisans d’Ali (les chiites) accusent Uthman de n’avoir pas gardé les textes désignant Ali comme successeur légitime au califat, ce qui évincerait du même coup Uthman. Plusieurs siècles plus tard, les chiites furent contraints par la force des choses de se résoudre à la version du Coran d’Uthman, l’ensemble de leurs copies ayant été brûlées. Le Coran d’Uthman fut donc imposé avec violence par l’armée, les chiites durent se consoler de la perte de leur Coran en prétendant que seul Ali, qui deviendra ainsi reflet du Verbe de Dieu, et ses successeurs étaient capables de bien interpréter le Coran d’Uthman.

« Si j'avais été à sa place, j'aurai agi exactement comme lui »

Ali ibn Abi Talib, gendre et compagnon de Mahomet, 
quatrième calife (656-661), parlant d’Uthman.

La collecte d’Abd al Malik (685-705)

Le texte d’Uthman reste cependant un aide-mémoire écrit car l’écriture arabe de cette époque reste défectueuse, et une mémorisation des sons reste nécessaire pour déchiffrer le Coran. Ainsi des divergences de lectures continuèrent de se manifester, d’autant plus que les Corans parallèles au Coran d’Uthman ne sont pas encore tous détruits. Le rôle du calife Abd al Malik ibn Marwan et de son gouverneur Al Hajjaj ibn Yûsuf dans la rédaction du Coran reste très flou. Ce gouverneur, sanguinaire et cruel, mais également considéré comme un très grand poète, serait intervenu directement dans la rédaction du Coran. Il aurait non seulement ajouté les signes diacritiques, mais également modifié l’ordre des versets et des sourates, voire ajouté d’autres. Il établit sa propre version et ordonna une nouvelle « collecte du Coran ». Ainsi le Coran d’Uthman revu et corrigé par Al Hajjaj ibn Yusuf fut envoyé dans toutes les provinces du pays, et les autres copies détruites.

 « C’est durant ce mois [de Ramadan] que j’ai collecté le Coran » 

(Abd al Malik ibn Marwan avant sa mort)

Le Coran définitif (de 705 au début du Xe siècle)

Les signes diacritiques n’étaient encore tout à fait satisfaisant au VIIe siècle, et c’est durant les VIIIe et IXe siècle après Jésus-Christ que furent ajoutés les points diacritiques et les voyelles brèves telles qu’elles peuvent apparaître dans les Corans religieux contemporains, fixant ainsi définitivement le sens des mots et des versets. Enfin, au Xe siècle, sous l'impulsion d'ibn Mujahid, spécialiste de lecture coranique, on établit sept systèmes canoniques de lecture, incluant les variantes admises, très proches l'une de l'autre. À l'époque contemporaine, seules deux lectures sont d'un usage courant, le warsh pour le Maghreb et le hafs pour le Machreq.

Le contenu du Coran actuel

Les chapitres les plus longs du texte Coranique correspondraient aux propos tenus par Mahomet entre 622 et 632 lors de son séjour à Médine, d’où leur nom de sourates médinoises. On reconnaît ces sourates par leur ton juridique et solennel. Quant aux chapitres les plus courts, ils correspondraient aux prédications de 612 à 622 lorsque Mahomet se trouvait à la Mecque, d’où leur nom de sourates mecquoises. Leur style est beaucoup plus poétique.

Une partie des versets Coraniques sont des récits racontant certains épisodes de la vie de Mahomet. D’autres décrivent ou dérivent du Manichéisme ou de livres de la Bible hébraïque et semblent reprendre des personnages bibliques tels que Noé, Abraham, Moïse, Jésus et Marie. Le texte Coranique fait allusion à certaines hérésies chrétiennes et semble prendre position pour l’arianisme dans la négation du Fils, contre le trithéisme dans la négation de la triade Dieu – Jésus – Marie et pour le mythe racontant que Jésus n’a pas souffert sur la Croix mais a été remplacé par un faux semblant. Le texte Coranique semble décrire l’Incarnation du Verbe en Marie par l’action du Saint-Esprit, qualifie Jésus de Messie, d’être Le Prophète de Dieu, mais d’être aussi seulement un Prophète. De même le texte coranique semble prendre position contre le Péché originel. Ainsi un quart du Coran serait constitué de la tradition judéo-chrétienne ou en dérive.

Une autre grande partie du Coran réglemente la vie de la communauté des musulmans, et les attitudes qu’ils doivent adopter entre eux et vis-à-vis des non musulmans au temps de Mahomet. La société ainsi décrite est celle du début du VIIe siècle à La Mecque : les hommes musulmans possèdent des esclaves, sont polygames et peuvent jouir à volonté du droit à avoir des relations charnelles avec leurs femmes esclaves ; les juifs et les chrétiens ont un statut inférieur aux musulmans mais peuvent conserver leur religion contre une rançon périodique à vie ; les apostats, les athées, les polythéistes, les femmes adultères et les homosexuels doivent être bannis ou exécutés selon les témoignages portés contre eux par des hommes musulmans. La politique et la guerre sont elles aussi réglementées.

De nombreux versets du Coran se contredisent entre eux, à peu près un tiers du livre. Ceci nécessite pour les musulmans d’interpréter le sens du verset notamment en fonction de la situation dans laquelle Mahomet les a donnés. Ainsi selon l’époque et la situation, un verset peut avoir un sens particulier et un statut de verset abrogé ou abrogeant. Dans le sunnisme, les musulmans se réfèrent à d’autres écrits issus eux aussi de la tradition orale les hadiths qui décrivent la vie et les propos qu’aurait tenu Mahomet et situations ou la façon dont la loi musulmane doit être appliqué, ce sont des sortes de décrets d’application. L’ensemble des Hadiths constituent ce que l’on appelle la Sunna, la «tradition» musulmane. Il existe actuellement six grands recueils de Hadiths qui font autorité dans le monde musulman. Chez les chiites, le Coran doit être interprété par le clergé officiel. Dans certaines branches minoritaires de l’Islam telles que le Druzisme et l’Alaouisme, le Coran n’a en général pas à être entendu en tant que Loi Divine devant être appliquée et encore moins imposée, mais est plutôt perçu comme un livre sacré guidant la foi et l’éthique d’un homme, et qui peut être compris que de façon strictement spirituelle ou mystique. Le Coran est un livre unique dans le sens où son élaboration constitue un témoignage historique du passage d’une civilisation orale à une civilisation écrite fixant ainsi le système d’écriture et la grammaire arabe et du système civil et pénal utilisé en Arabie au VIIe siècle par les premiers musulmans. Le style du Coran écrit en langue arabe classique est dit inimitable, il s’agirait en effet du seul livre au monde dont la rédaction fut entreprise après la mort de son principal auteur, dont l’agencement des phrases et des chapitres ait été entreprise indépendamment de leur rédaction et de la chronologie voulue initialement, et que le sens de beaucoup de mots et de phrases aient été fixés bien après la mort de son principal rédacteur. Le Coran est ainsi un texte très difficile d’accès à causes de ses archaïsmes, de ses incohérences, de ses contradictions, ses ambiguïtés, par la discontinuité du discours, de nombreux versets se succédant sans aucun lien logique ou chronologique, et par le fait que le contexte est en général peu voire pas du tout connu. La plupart des croyants musulmans soutiennent au contraire que ce texte est très nettement supérieur à tous les textes humains connus, en poésie, en profondeur philosophique, théologique, que ce texte leur permet d’appréhender et de comprendre tous les aspects de la vie, et qu’il contient des faits et des vérités qui n’ont été démontrées scientifiquement que très récemment.

Les zones d’ombres du Coran

  • Les fragments coraniques les plus anciens conservés remontent à la deuxième moitié du VIIe siècle. Aucun n'est complet même si près des trois quarts du texte coranique sont ainsi accessibles. Leur datation repose uniquement sur le style graphique et les particularités orthographiques utilisés alors.Ils témoignent d'un état du texte aux nombreuses ambiguïtés. Les lettres de même forme ne sont pas encore différenciées par des points diacritiques et les voyelles brèves ne sont que très imparfaitement notées. Les manuscrits des siècles suivants montrent que le passage à une écriture plus complète ne s'est fait que très progressivement.
  • Abu Ubayd al Qasim (838), dans son livre fadha’il al Qoran, fait état de « censures » effectués par Uthman sur les textes oraux et écrits anciens du Coran. Ainsi, deux sourates, intitulées al hafd et al khal sont simplement supprimées par le conseil réuni par ce calife.
  • De petits textes du codex de Hafsa et de celui d’Ali n’ont simplement pas été jugés dignes de figurer dans le recueil final et ont été supprimés.
  • Uthman aurait supprimé lui-même des versets, notamment les versets de la lapidation ayat al rajm.
  • Le verset suivant qui a été supprimé du Coran final : « Si le fils d’Adam avaient deux vallées d’or, il en voudrait une troisième. Seule la terre peut remplir le ventre du fils d’Adam. Dieu se tourne vers celui qui se tourne vers lui ». Les adversaires d’Uthman de s’être enrichi lui et sa famille et de grandes polémiques sur le partage des butins de guerre divisaient les musulmans.
  • Jusqu’au Xe siècle, les savants chiites proclamaient que la version officielle du Coran est massivement falsifiée. Ils rapportent dans leurs écrits les versets manquants que Theodor Noldeke a partiellement recensé dans son livre Gechichte des Qorans.
  • Certains Kharijites et Motazilites considèrent la sourate de Joseph comme apocryphe et ajoutée ultérieurement.
  • Ibn Masud considère comme des prières et non comme des sourates la première et les deux dernières sourates du Coran. Elles ont donc été ajoutées au corpus comme introduction et conclusion
  • Ibn Abi Dawûd al Sidjistani (IXe siècle) rapporte que le richissime Ubayd Allah ibn Ziyad, autre célèbre et cruel gouverneur d’Irak, « ajouta deux mille lettres ou mots au codex » Coranique. Ce propos a été tenu par son secrétaire Yazîd ibn Hurmuz al Fârisî qu’il délégua à cette tâche et qu’il chargea de fixer ces nombreuses additions.
  • Al Kindi (IXe siècle) pense qu’Al Hajjaj ibn Yusuf « fit tomber bien des versets et il en rajouta d’autres ». Parmi les versets supprimés selon Al Kindi, certains sont relatifs aux « hommes des Banu Umayya », d’autres aux « hommes de Banu al Abbas ».
  • La seule autorité dont se réclame le dogme de l’immuabilité du Coran reste les grands commentateurs de la Tradition. Or, ces derniers ont écrit près de deux siècles après la mort de Mahomet. Ils se trouvent tellement éloignés des évènements qu’ils racontent qu’on peut légitimement douter de leurs récits, qu’ils reprennent souvent les uns aux autres. Ces doutes sont largement justifiés quand on voit les quantités de contradictions, de récits invraisemblables ou de mythes que ces commentateurs rapportent par ailleurs. Ces premiers commentateurs ignorent ou se contredisent sur le sens à donner à des mots ou expressions du Coran montrant que les termes usités dans le Coran, datant de l’époque de Mahomet sont devenus obsolètes deux siècles plus tard.

Les versets sataniques

Puisque Mahomet s'était aperçu du fait que la tribu des Quraychites était réticente à son égard et que cela lui fut pénible à supporter, il souhaita que quelque chose lui vint de la part de Dieu pour les rapprocher de lui. Il émit la révélation suivante :

« Que croyez-vous de al-Lat, de Uzza et de Manat, la troisième ? Est-il possible que Dieu ait des filles, et vous des garçons ? La belle répartition des tâches que ce serait là Ces idoles sont d'illustres divinités, dont l'intercession doit être espérée. »

Et après avoir reconnu le caractère éminent des divinités Quraychites en reconnaissant leur intercession, Mahomet se prosterna et les loua. Les incrédules furent très heureux de voir Mouhammad dire du bien et de louer leurs idoles. Et ils se prosternèrent à son exemple pour louer leurs idoles, les trois filles d’Allah, les déesses préislamiques al-Lat, al-Uzza et Manat.

Soit qu’on lui fît remarquer, soit qu’il s’aperçût lui-même de son erreur, cela lui posa immédiatement un problème immense, car la reconnaissance de ces divinités contredisait totalement le monothéisme sans intercession ni association (autre que l’association entre lui-même et Dieu) qu’il prêchait depuis un certain temps déjà. Proclamant qu’il avait mal répété les propos de l’ange Gabriel, Mahomet revint à la Mosquée le lendemain et récita à nouveau la révélation :

« Que croyez-vous de al-Lat, de Uzza et de Manat, la troisième ? Est-il possible que Dieu ait des filles, et vous des garçons ? La belle répartition des tâches que ce serait là Et ce partage est injuste. »

Les incrédules s’aperçurent que Mahomet s'était repenti d'avoir loué leurs dieux. Mahomet fut cependant très inquiet et s’abstint de manger et de boire. En effet en tant qu’ultime prophète venant délivrer l’ultime message venant corriger toutes les révélations précédentes, sa foi, sa sincérité et l’authenticité du message ne saurait être remis en cause, aucune erreur n’est possible. Trois jours plus tard, Mahomet, se trouva une justification invoquant l’intervention inévitable de Satan dans toute révélation. Les versets suivants lui vinrent alors de Gabriel :

« Nous n'avons envoyé, avant toi, aucun apôtre, ni prophète, sans que Satan ait jeté quelque erreur dans sa pensée »

Les versets rectifiés se trouvent à la sourate 53 versets 19-23

19. Que vous en semble [des divinités] Lat et Uzza, 20. ainsi que Manat, cette troisième autre ? 21. Sera-ce à vous le garçon et à Lui la fille ? 22. Que voilà donc un partage injuste ! 23. Ce ne sont que des noms que vous avez inventés, vous et vos ancêtres. Dieu n'a fait descendre aucune preuve à leur sujet. Ils ne suivent que la conjecture et les passions de [leurs] âmes, alors que la guidée leur est venue de leur Seigneur.

La justification se trouve à la sourate 22 versets 52-55

52. Nous n'avons envoyé, avant toi, ni Messager ni prophète qui n'ait récité. (ce qui lui a été révélé) sans que le Diable n'ait essayé d'intervenir [pour semer le doute dans le coeur des gens au sujet] de sa récitation. Dieu abroge ce que le Diable suggère, et Dieu renforce Ses versets. Dieu est Omniscient et Sage. 53. Afin de faire, de ce que jette le Diable, une tentation pour ceux qui ont une maladie au coeur et ceux qui ont le coeur dur... Les injustes sont certes dans un schisme profond. 54. Et afin que ceux à qui le savoir a été donné sachent que (le Coran) est en effet, la Vérité venant de ton Seigneur, qu'ils y croient alors, et que leurs coeurs s'y soumettent en toute humilité. Dieu guide certes vers le droit chemin ceux qui croient. 55. Et ceux qui mécroient ne cesseront d'être en doute à son sujet, jusqu'à ce que l'Heure les surprenne à l'improviste ou que les

atteigne le châtiment d'un jour terrifiant.

Cette anecdote est rapportée par le théologien Mouhammad Tabari (839-923), 
un des plus précoces et des plus célèbres historien sunnite et exégète du Coran.

Ce que disent les Saintes Ecritures

Considérer que le Coran est La Parole de Dieu ou que l’interprétation musulmane actuelle du Coran est valable est strictement équivalent à renier le Christ et fait perdre au Chrétien le bénéfice de la vie éternelle.

Al Coran - Sourate 9 verset 30 Les Juifs disent : "Uzayr est fils de Dieu" et les Chrétiens disent : "Le Christ est fils de Dieu". Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Que Dieu les anéantisse ! Comment s'écartent-ils (de la vérité) ?

La Sainte Bible - 1 Jean 2 22-25 22. Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ ? Le voilà l'Antichrist ! Il nie le Père et le Fils. 23. Quiconque nie le Fils ne possède pas non plus le Père. Qui confesse le Fils possède aussi le Père. 24. Pour vous, que ce que vous avez entendu dès le début demeure en vous. Si en vous demeure ce que vous avez entendu dès le début, vous aussi vous demeurerez dans le Fils et dans le Père. 25. Or telle est la promesse que lui-même vous a faite : la vie éternelle.

Notes et références

  1. La Sainte Bible, traduction de l’école biblique et archéologique française de Jérusalem, les éditions du cerf (1998)
  2. Al Coran, traduction de Mouhammad Hamidullah et Michel Leturmy, (1959)
  3. Dictionnaire du Coran, sous la direction de Mohammad-Ali Amir-Moezzi, Robert Laffont, (2007)
  4. Le Coran, la Bible et l'Orient ancien, Mondher Sfar, éditions Sfar, (1998)
  5. Le Coran est-il authentique ? Mondher Sfar, Ed.Sfar, éditions Sfar, (2000)
  6. La Chronique, Mohammed, le sceau des prophètes, Tabari, Édition Actes Sud / Sindbad
  7. Mahomet, Maxime Rodinson, édition Points Seuil, (1961)