Mathieu du Pac

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Un des initiateurs de la réforme à Toulouse

Cadet d'une famille de petite noblesse du Comminges, Mathieu du Pac, né vers 1505, part étudier le droit à Toulouse. Bachelier en 1525 lors du mariage de son frère, docteur en droit, professeur de droit réputé, élu recteur de l'Université, et capitoul, il adhère, comme nombre d'étudiants et de professeurs, aux principes de la Réforme, prêchée à Toulouse par trois protégés de Marguerite de Navarre : Voulté, Bording et Jean de Boyssonné.

Bien que Toulouse fût une ville des plus catholiques, la doctrine luthérienne faisait de tels progrès que le Parlement, sous l'impulsion du clergé, résolut de mettre un coup de force en faisant arrêter, le jour de Pâques 1531, tous les gens suspects, de tous les corps de métiers et de tous les états, avocats, procureurs, religieux, et parmi eux surtout, les professeurs Boyssonné et du Pac. Au mois d'août, Du Pac publie une note contre la venue à Toulouse de François Ier qui avait nécessité une imposition particulière.

Dans les premiers mois de 1532, les arrestations se poursuivent. Boyssonné est ajourné devant les inquisiteurs le 31 mars pour avoir fréquenté des personnes "mal sentantes de la foi". L'étudiant Étienne Dolet dont Du Pac fut probablement le maître, est condamné à abjurer. En juin, un autre, Jean de Caturce, simple licencié-ès-lois, est torturé et brûlé vif. En mars 1533, Dolet s'emporte dans un violent discours contre le supplice de Caturce et les persécutions subies par Boyssonné, Du Pac et Bunel. Jeté en prison, il est relâché au bout de trois jours grâce à l'appui de l'évêque Jean de Pins et de Boyssonné lui-même. Il sera banni de la ville en juin 1534.

Du Pac quant à lui, continue de publier : en 1535 "la relation de la dispute solennelle" entre Jean de Boyssonné et Lancelot Politi - relation d'une célèbre querelle qui eut lieu à l'université le 24 juin 1535 - en 1536 le "procès entre l'Université et les Capitouls" et en 1537 une "singularis interpretatio tituli de mandatis apostolicis". Plusieurs exemplaires ont été conservés de ce dernier ouvrage, dont le titre exact est : Singularis interpretatio Tituli de Mandatis Apostolicis in Concordatis, par Mattheum Pacum, Iuris utriusque Doctore regentem Tolosanum, primum in Scholis publice dictata : nunc vero in communel omnium utilitatem edita. Adiectus insuper est elenchus locorum per Magistrum Iodocum Lauerenium Tolosanum, Iuris utriusque Baccalaureum.

Brûlé en effigie, Mathieu du Pac est définitivement condamné à l'exil, et part se mettre sous la protection des souverains de Béarn. Nommé conseiller et président au Conseil du roi de Navarre, il réside à Pau, y ayant acquis le fief de "La Fitte". Successeur de l'évêque de Lescar (Jacques de Foix) dans la charge de chancelier-garde des sceaux de Navarre, Foix, Béarn et Armagnac, il reçoit en 1546 une ordonnance d'Henri II de Navarre "commettant Mathieu Dupac président du Conseil souverain de Béarn, et Bertrand Dabbadie avocat général de Béarn, pour informer contre les officiers de Périgord et Limousin malversateurs", et est chargé dès lors de mettre en place la vaste réformation des provinces de Périgord et Limousin entreprise par Henri II de Navarre, suzerain héréditaire de ces provinces. Entre autres choses, il est chargé en 1546 de poursuivre l'inventaire des archives du château de Montignac en Dordogne, dont les premiers dépouillements avaient commencé dès 1513, il est aidé dans la réalisation de cette tâche par Jean Fabri évêque d'Aure, Adhémar Mosnier sieur de Planeaux et Pierre de Castille. Il est aussi chargé des revenus du comté de Rodez en 1551. Président à la chambre des comptes de Pau (gages 1550-1551) , il résigne en faveur de Bertrand d'Abbadie (qui en est pourvu le 20.10.1550). Il exerce toujours les fonctions de sénéchal de Beaumont et de chancelier-garde des sceaux. Le 4.6.1555, la reine Jeanne d'Albret lui fait don des seigneuries d'Antras et Néguebouc ; il fait un échange le 3.8.1556, adresse une commission à la chambre des comptes de Nérac le 20.10.1556. Il meurt âgé d'environ 52 ans, le 13 janvier 1557.

Il avait épousé, à Toulouse en 1530, Jeanne De Papus, fille de Pierre, Capitoul de Toulouse : dont postérité jusqu'à nos jours.

Source

  • D'après Charles Ordinis, "Généalogie du Pac, Editions de l'Echiquier, 2002"