Moselle (Ouest)

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Le protestantisme n'est apparu dans le pays du Fer (qui couvre les vallées de l'Orne et de la Fensch, Thionville et le Pays-Haut) qu'après l'annexion de 1871. Auparavant, il n'y avait aucune place pour des groupes ou institutions protestants. Les quelques personnes protestantes qui y apparaissaient repartaient ou étaient rapidement absorbées par le milieu catholique. Le protestantisme issu de l'annexion avait une triple origine :

  • les militaires allemands stationnés dans diverses garnisons desservies par des aumôniers militaires,
  • les fonctionnaires allemands venus remplacer les fonctionnaires français qui avaient quitté la région après l'annexion,
  • les ouvriers venus travailler dans l'industrie, en particulier dans les mines de fer et la sidérurgie qui a pris un essor important.

L'histoire du protestantisme

Une réalité originale

Au début du 19ème siècle fut prise la décision de rattacher l'Est des départements de la Meurthe et de la Moselle à l'Église luthérienne et l'Ouest à l'Église réformée. Cela a été officialisé dans un décret du 26 mars 1852 qui fut respecté par les autorités allemandes après l'annexion. Les paroisses qui se créèrent dans la partie lorraine du Reichsland furent donc incorporées au consistoire réformé de Metz, bien que la majeure partie des protestants ait été d'origine luthérienne, du Nord de l'Allemagne et d'Alsace, ou «unie» (de Prusse).

Ce protestantisme en reçut une coloration particulière. La population locale catholique l'a perçu et traité comme un corps étranger. Il faut remarquer qu'il fut animé par des pasteurs allemands, aumôniers militaires ou civils, souvent très dynamiques. Pour exister dans un environnement défavorable, il avait besoin de l'aide de l'administration. Ce dernier aspect fut interprété par la population catholique comme du favoritisme, même si les catholiques furent traités, en général, aussi bien que les protestants. Par exemple, les Allemands ont gardé dans ses fonctions l'évêque de Metz Dupont des Loges, après 1870, bien qu'il ne fût pas du tout allemand.

Des fluctuations importantes

Le retour à la France en 1918 ne simplifia pas la situation. Les usines prises aux Allemands furent données aux industriels français qui recrutèrent leur main d'œuvre où ils la trouvaient. Les ouvriers venaient de partout. Après 1919, beaucoup d'Alsaciens d'origine luthérienne arrivèrent dans le bassin du fer comme ouvriers. Le recrutement fut plus large après 1945 et diversifia la palette des origines nationales du bassin.

Les paroisses de la région de Thionville et des vallées sidérurgiques connurent des années de grand dynamisme entre 1950 et 1978. La restructuration de la sidérurgie, surtout après 1979, posa des problèmes immenses du fait du départ des actifs et de nombreux jeunes. L'Église a essayé de réagir en lançant une étude dont est issu le poste de la «Mission Populaire» de Hayange et en ouvrant un dialogue avec d'autres acteurs sociaux.

Lorsque la liturgie se traduit en architecture

Quelques-unes des églises réformées du Nord de la Moselle se caractérisent par un langage architectural tout à fait original. Son inspiration première vient de Friedrich Spitta (1852-1924), professeur de théologie pratique à Strasbourg de 1887 à 1919. Il a édité un recueil de cantiques pour l'Église d'Alsace et travaillé à la réforme liturgique. Pour lui, le culte est «représentation», mais aussi «cérémonie». Il doit être beau et comporter des éléments à la fois mystiques et rationnels. À ses yeux, l'élément central du culte protestant est la louange, par la musique et le chant. Le second élément structurant est la proclamation de la Parole. La célébration des sacrements, importante, est cependant soumise à la proclamation de la Parole qu'elle rend visible.

L'historien et archéologue allemand Johannes Ficker (1861-1944) a traduit cette vision du culte en langage architectural. Dans une conférence tenue en 1903 à Metz, il traça pour les pasteurs de Sarre et de Lorraine les grandes lignes d'un programme architectural pour les édifices cultuels protestants. Il voulait qu'ils soient construits avec des matériaux vrais et simples, qu'ils respirent une certaine intimité pour qu'on puisse s'y sentir à l'aise. On peut admirer une de ses réalisations à l'église de Thal.

L'organisation intérieure des temples de Longeville et de Rombas sont d'excellentes illustrations de cette vision : devant les fidèles, sur une tribune où il y a place pour une chorale, se dresse l'orgue. En-dessous se trouve la chaire, en position centrale et, sous la chaire, l'autel (appelé plutôt table de communion chez les réformés) rassemble les fidèles pour la célébration de la cène.

À Longeville, l'orgue a été placé de part et d'autre du chœur, entourant un vitrail central représentant le Christ pour bien marquer qu'il est l'origine de toute vie d'Église. À Metz-Queuleu et à Montigny, les options sont pareilles, à part la chaire qui se trouve décalée de côté, mais toujours entre la musique et le sacrement.

Quelques personnalités de la région

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Protestants d'Alsace et de Moselle : lieux de mémoire et de vie / sous la dir. d'Antoine Pfeiffer.- Ingersheim : Saep ; Strasbourg : Oberlin, 2006

Notes et références